vendredi 10 septembre 2010

UTMB - TDS - CCC ? L'imprévu au programme de ce week-end un peu fou





(Je sais, je sais … mise à jour du blog un peu tardive … le ferai plus, c’est promis.)



C’est sûr, je le savais avant même le départ, cette 10ème épreuve s’annonçait comme particulièrement difficile: malgré le super boulot de Marlène et de Juju (Kiné et Ostéo de l’aventure), la fatigue des épreuves précédentes était encore bien présente et mon dos n’était pas dans le meilleur état possible … mais, bon, 11 jours à peine après l’Embruman, cela peut sans doute s’expliquer !



Mais par contre, excellente nouvelle, c’était à 4 que nous allions nous confronter à la montagne et à ses pièges ! En plus de mes fidèles acolytes des « Merzou gars » (Papy & Le Zoulou), Alain (« Saïmonne », déjà là pour la CCC 2009 et la Bouillonnante 2009 et 2010) complétait le quatuor.



Ouvrons une parenthèse. Pour essayer de comprendre au mieux l’enchaînement des évènements du week-end, résumons tout d’abord les courses prévues au cours de ce « week-end UTMB », considéré comme LE rendez-vous du trail mondial : 3 courses au programme (je ne vous parle pas de la PTL, ça compliquerait tout ! :-)) L’UTMB, soit un tracé de Chamonix à Chamonix, 166 km en passant par l’Italie et la Suisse. (Départ vendredi 27/8 à 18h30) La CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix) soit 98km en passant par la Suisse, départ ce même vendredi mais le matin à 10h00. Et enfin la TDS (la nôtre ! Sur la trace des ducs de Savoie) De Courmayeur à Chamonix aussi … mais en passant par l’autre côté (Col du Petit Saint Bernard, etc.) 111km.Le départ de cette TDS devait être donné à minuit, donc après les 2 autres.



Nous voilà le vendredi et il me faut impérativement un maximum de repos avant d’affronter ces longues journées (et nuits !) d’effort … donc, sieste au programme de l’après midi du vendredi, re-sieste en début de soirée … Le repos est seulement perturbé par cette pluie incessante qui tambourine sur le toit de l’hôtel, mauvais présage.



Il est 22h30 environ lorsque nous nous préparons enfin pour le départ. Premier SMS de l’organisation reçu à ce moment précis: « Conditions atmosphériques catastrophiques, départ de la TDS retardée d’au moins 3 heures » … Première surprise. On se renseigne un sur le net et on apprend que l’UTMB a été « neutralisée » ( ?) aux Contamines… pas bon signe, ça !



Essai de re-pseudo-dodo jusqu’un peu avant 2 heures du mat’ … On se re-prépare, on est presqu’en route … re-SMS : « départ course TDS reporté à 10h du matin ; sur un parcours totalement différent » (qui ressemble à la CCC , en fait la 2ème partie du parcours de l’UTMB au départ de Courmayeur…) Sentiment assez mitigé, nous étions venu il y a plusieurs mois pour reconnaître le parcours, on s’y était donc préparé et voilà que tout change ! On apprend même via Internet (pourtant pauvre en info) que l’UTMB est définitivement ( ?) annulée …



Re-re- essai de dodo (mais la nervosité empêche un véritable repos …) Nouveau SMS vers 5h00 du mat’, incompréhensible celui –là (parlant de l’annulation de la CCC ??? et de navettes amenant certains coureurs de l’UTMB à Courmayeur dans les heures qui viennent …)



Je sais, c’est bien compliqué et pas vraiment compréhensible, tout ça. En fait ce fut exactement notre sentiment du moment !



Ce n’est qu’à 8h que nous étions enfin rassurés de notre participation à une course. La TDS était bien annulée aussi, mais nous étions autorisés à participer à la « course UTMB de remplacement » ! Un parcours auquel nous ne nous attendions pas, un timing complètement chamboulé. Sans le savoir, nous faisions partie de 1500 « heureux élus », à recevoir la possibilité de participer à cet UTMB-bis.



Au centre de Courmayeur ce samedi matin : un peu perdus et mélangés, des dossards bleus de la TDS, des dossards rouges de l’UTMB, tous un peu perdus et essayant de partager un maximum d’infos sur les évènements de la nuit … et jusqu’à la dernière seconde, des navettes déversent des concurrents (chanceux) sur la ligne de départ.



A 10h15, finalement, le grand départ est enfin donné. Ouf ! Et mieux encore: sous le soleil !


On en oublierait presque ce qui nous attend ! Mais après quelques centaines de mètres à peine, le retour à la réalité montagneuse est brutal : nous sommes au pied de la côte de Bertone, soit un dénivelé de 800 mètres à avaler sur à peine 4 km ! Assez violent comme mise en bouche. Et c’est d’ailleurs très rapidement le bouchon dans ce « single track ». Rien d’autre à faire que de « suivre » le rythme imposé, à la queue-leu-leu… A notre grande surprise, c’est James qui tire un peu la langue dans cette première difficulté. Le Zoulou est pourtant clairement le plus costaud d’entre nous, mais là, il peine à se mettre dans la course.



La météo est très convenable en ce début de course, il fait même chaud dans cette première ascension. Passage au refuge Bertone, puis parcours plus plat jusqu’au refuge Bonatti. De là, traversée à flanc de colline avant de descendre sur Arnuva. Il nous faut 3 heures pour rejoindre ce 3ème ravito, avec au passage une excellente nouvelle : la « barrière horaire » qui nous mettrait hors course est déjà bien loin derrière nous. Seul petit point gris, c’est le regard un peu hagard du Zoulou, pas encore tout à fait dans son assiette. Mais ne vous inquiétez pas pour lui, ça ne va plus durer ! ;-)



Arnuva, c’est le pied de la côte du Grand Col Ferret, soit là aussi 800m de dénivelé à prendre dans les dents en un peu plus de 4km. L’organisation nous prévient de « bien nous couvrir » (ont-ils reçu un coup de téléphone de ma mère ?), car il fait vraiment frisquet là-haut. Notre choix se porte plutôt sur un status quo vestimentaire, car dans une pareille ascension, c’est surtout d’avoir trop chaud que nous avons peur.



Hem, … il faut toujours écouter sa maman !



Au cours de la montée, le sol se fait de plus en plus meuble, puis la terre fait place carrément à de la boue … les grosses pluies de la veille ainsi que les participants de la CCC ont copieusement labouré le « chemin ». La pente est sévère mais c’est surtout le « climat » qui change au cours de l’ascension. D’abord une petite pluie, qui s’intensifie ensuite de plus en plus et qui se refroidit rapidement. Rajoutez un vent de plus en plus fort en se rapprochant du sommet pour devenir carrément glacial ! Ce sont des moments au plaisir limité ;-) Le dos courbé, les yeux mi-clos fixant le sol, la progression est assez périlleuse …



La suite tient carrément du film d’horreur de série B. D’abord tout le côté droit de mon visage est progressivement gelé. Puis je perds la sensation au niveau des mains, doigt par doigt, jusqu’à ne plus pouvoir tenir les bâtons … et malgré cela l’effort reste intense car la pluie qui ruisselle sur mon front fait couler le sel de la transpiration dans mes yeux ! Pas super drôle tout ça en même temps, surtout que tout le « team » vit la même galère...



Il faut faire quelque chose et vite si nous souhaitons ne pas finir nos carrières de trailers sous la forme d’(abominables) hommes des neiges sur la frontière Italo-suisse ! Arrêt de l’équipe à quelques centaines de mètres du sommet : Hop, une couche imperméable est rajoutée sur le corps, et zou, les gants sont enfilés tant bien que mal (plutôt mal d’ailleurs, pas facile à faire avec 10 doigts gelés !)



Pas le temps de profiter de la vue ( ?) au passage au Col, et heureusement pas de douaniers Suisses trop zélés pour nous obliger à nous arrêter au passage de la frontière. Il est temps de basculer vers la vallée en espérant vite se réchauffer.



Ho, ça glisse.



Ce devrait être une partie très agréable avec d’abord une belle descente et un loooong faux plat descendant vers la Fouly. Mais le sol est tellement boueux que chaque appui tient plus du patinage artistique que du trail classique. Autour de nous les triples Axel et autre « double boucle piqué » sont légion. (Bref, pas mal de chutes) Toute cette boue au milieu des cailloux et des racines, cela demande vraiment une concentration de tous les instants.



Nous nous en rendons bien compte dès ce moment-là : Faudra oublier les « descentes récup » jusqu’à Cham, et plutôt songer à entonner le nouvel hymne de circonstances : « la gadoue, la gadoue… »



Après 6 heures d’effort (et oui, déjà), nous voilà au ravito très accueillant de la Fouly. Nous avons retrouvé quelques couleurs et la sensation de la plupart des parties du corps (en tous cas les plus utiles, vues les circonstances ;-)) On ne néglige ni la nourriture, ni la boisson, et ce sans vraiment se presser, il se confirme que les barrières horaires avancent bien moins vite que nous et on a décidé d’en profiter !



A la remise en route, le retour à l’extérieur est un peu frais (on a retiré une couche pour garder des réserves pour le soir et la nuit !)Il n’est pourtant même pas 17h00 ! Et ce sera comme ça à chaque remise en route dorénavant.



La Fouly – Champex. C’est d’abord une bonne heure et demie de parcours facile, puis une belle petite côté pour se remettre en jambes. On croise quelques ravitos « sauvages » organisés par des enfants du coin, très sympa ! La montée vers Champex est par contre plus longue que dans mes souvenirs … c’est amusant de constater que des sensations peuvent être très différentes d’une année à l’autre.



Champex, Pichon city. (Private joke à l’attention de Lucio Pichon l’escrimeur, l’homme qui s’est arrêté 3 années de suite à Champex dans sa quête du Graal CCC … parait même qu’il aurait une chambre d’hôtel en time sharing dans le coin ! je sais, je suis une mauvaise langue. La preuve, cette année il a même été jusqu’à … Trient ! – Lucio, n’hésite pas à te venger, je suis prêt ;-))



J’avais un souvenir atroce de l’ascension suivante. Bovine ! Rien que l’évocation de le nom de cette côté ou « même les ânes ne passent plus » me fait frémir en me rappelant l’expérience de l’année passée : les énormes enjambées nécessaires pour se hisser pas après pas, les rochers, les arbres, mes jambes quasi impuissantes face à toutes ces difficultés, mon estomac retourné, la neige, le froid … bref, ce fut pour moi un véritable cauchemar en 2009 lors de la CCC.



Nous sommes donc (très) prudents dans les derniers kilomètres avant de l’aborder.



Dès le début de la pente, Papy donne le rythme et les 3 autres se blottissent dans sa foulée… Et puis … tout se passe très bien ! La pente est très sévère, les rochers glissent, les enjambées doivent être très amples … mais tout se passe bien. Le Zoulou (de nouveau en pleine forme, d’ailleurs) ne peut évidemment s’empêcher de nous dire : c’est ça Bovine ? Pas de quoi en faire tout un plat … Rien à lui répondre, il a raison, vraiment rien à voir avec le cauchemar de l’année passée ! Nous franchissons donc cette difficulté dans d’excellentes conditions …



La descente est un peu plus périlleuse, mais c’est toujours dû à ce sol épouvantable …



Vers 23h30 nous arrivons à Trient, dernière escale helvétique. Apparition très appréciée de Sainte Bernadette. Non, non, pas encore d’hallucination, c’est l’épouse de Papy qui joue le rôle d’assistance de luxe … et il faut avouer que c’est très appréciable ! La température extérieure a considérablement baissé et chaque ravito (au chaud) est suivi de quelques minutes bien pénibles lors de notre remise en route …



Plus que 2 montées !


Si je ne parle pas jusqu’ici de fatigue ou de difficultés majeures, c’est que sur ce point-là, tout va vraiment très bien ! Bien mieux qu’espéré quelques jours auparavant alors que je m’effondrais tous les soirs dans mon canapé malgré des journées passées à … récupérer ! Je commence à me dire que le bout du tunnel se rapproche et que ces XII travaux ne seront bientôt plus qu’une liste de souvenirs.



C’est toujours dans ces moments-là que cela se complique un peu. La montée de Catogne – Les Tseppes est abordée un peu vite au goût de mes jambes qui ne se sont pas encore réchauffées depuis notre sortie du chapiteau de trient. Dur, dur de se remettre dans le rythme après 13 heures d’effort. Saïmonne et moi tirons un peu langue, mais on s’accroche !



Les Tseppes, c’est « Stairway to heaven » (répétez plusieurs fois cette phrase, vous allez vite comprendre le jeu de mots idiot)



Toutes les descentes sont pourries sur le parcours, mais celle-ci c’est vraiment le pompon ! Des flaques, de la gadoue inextricable, des rochers trempés et des racines glissantes … pour terminer par un bain de boue sur la fin de la piste de ski de Vallorcine.



3 heures du mat à Vallorcine. Nous voilà de retour en France. Dernier grand ravito avant l’arrivée à laquelle on commence doucement à penser. Alain est un peu cuit mais il a fait du super boulot pour suivre jusque là. On rajoute tous une couche avant de sortir … mais cela n’empêche pas le froid de nous assaillir à la sortie de la tente. Nous passons à côté de grands feus, et l’envie est très grande de s’en approcher pour se réchauffer … mais on sait aussi que la sensation de froid sera encore plus pénible en s’en éloignant.



Il nous reste le très gentil Col des Montets … suivi de la terrible Tête aux vents !



Arrivés au col, notre regard est attiré vers une guirlande de lucioles en plein vol stationnaire. Ce ne sont pas de lucioles … c’est le ballet de dizaines de lampes frontales de trailers en pleine ascension de la Tête aux Vents ! Je dois presque forcer ma nuque pour l’orienter vers le zénith. C’est un véritable mur ! 900 mètres de D+, le bouquet final !



Mais une côte n’est pas l’autre. Je ne peux pas expliquer pourquoi, mais cette ascension que je crains beaucoup se passe particulièrement bien ! Je prends la tête du groupe et je me lance dans un rythme agréable ( !) et régulier. James suit facilement, Paul est un peu en retrait mais il garde aussi un œil sur Saïmonne qui arrive tout doucement à la fin de son réservoir …
Et dire que la CCC a tété arrêtée ici, 24 heures plus tôt … c’est vrai que le sol est encore détrempé, mais plus de traces des torrents d’eau et de boue qui dévalaient cette pente la nuit passée. Et tant mieux !



La fin de l’ascension est interminable (on croit chaque fois avoir rejoint le sommet … puis ça repart !) et une fois en haut, on déchante. La descente s’annonce vraiment « casse-gueule » ! Il faut se laisser « glisser » sur de gros rochers détrempés, trouver chaque fois un appui qui ne se dérobe pas trop, sans parler de la boue omniprésente entre les pierres, de ces mêmes pierres qui décident de glisser les unes contre les autres. Pas simple pour des guiboles en action depuis bientôt 20 heures.



La Flégère. Minuscule tente ravito perchée sur le sommet des pistes de la station. Un bon thé très sucré calme la très désagréable acidité qui reflue la gorge depuis quelques heures … cette fois-ci, c’est enfin la descente finale vers la ligne d’arrivée. Les chemins sont bien plus agréables que dans les descentes précédentes, c’est sûr c’est le moment de « profiter » !



Le Zoulou pète la forme. Papy a quelques petits bobos mais ça tient le coup. De mon côté, c’est le tendon rotulien qui est assez douloureux (tout ce dénivelé négatif avec des appuis qui glissent, faut pas chercher plus loin !) mais à part ça je me sens très bien. La petite lumière rouge de Saïmonne s’est allumée, il est « sur la réserve » et on va le laisser calmement terminer cette descente à son rythme.



Les derniers kilomètres sont presqu’agréables. Le soleil s’est levé (magnifique !), un énorme nuage de brume bouchait Chamonix, on observe sa dissipation en direct … il n’y a pas grand-chose d’aussi beau que la montagne !



Après un peu plus de 22 heures d’effort, les Merzou Gars en pleine forme franchissent la ligne de la course. (Et à notre grand étonnement nous recevons une veste de finisher « UTMB » ?!) Bon, ce n’était pas la course prévue, mais vues les circonstances nous n’allons pas nous plaindre. Tout c’est passé plutôt facilement et agréablement pendant la course … les problèmes, ce fut surtout … avant ! Alain nous rejoint un gros quart d’heure plus tard, au bout du rouleau, fourbu … mais ravi !



Côté bilan personnel, je sais qu’avec cet enchaînement délicat Embrun-Ultra trail je viens sans doute de passer le cap le plus difficile des XII travaux et que rien ne devrait plus m’arriver. Mais comme c’est toujours au moment où l’on ne s’y attend pas que cela arrive …



… Car ne me demandez pas de détails, mais quelques heures après la course, au cours de la sieste pourtant bien méritée, un faux mouvement me coince complètement la colonne lombaire ! Le lundi je ne suis quasiment plus capable de bouger, impossible de m’incliner ni de porter un poids de plus d’un kilo… le retour à Bruxelles est chaotique et mon état nécessite une intervention rapide de l’équipe de secours, Marlène et Juju. Suivent quelques jours difficiles qui expliquent le retard de l’écriture de ce récit. Quelques jours de doutes aussi…



Mais nous sommes maintenant le 9 septembre et ça va beaucoup mieux ! Et on y est presque …



Ce fut d'abord 9 jours de repos sportif complet (je ne savais plus ce que c’était !) avant de reprendre doucement la course. Ce n’est pas encore brillant, mais ça revient. Bref, ce petit contretemps va réanimer le suspense ! ;-)



La suite ?



Et bien il faut espérer que Madame le Mont Blanc se laisse enfin escalader au cours des jours prochains (départ à Chamonix ce dimanche, ascension entre le 13 et le 16/ 9) puis que mes pauvres jambes retrouvent suffisamment de rythme pour parcourir les 42 bornes du Marathon de Bruxelles le 10/10/10



Et puis … une année sabbatique !?



Polo
X/XII

vendredi 27 août 2010

A 3 heures du départ du Xème travail : assurément le plus dur !

Dos coincé, jambes fatiguées, quelques (gros) doutes ... rajoutez une météo catastrophique (orages, pluies diluviennes ...) et vous comprendrez que les 30 heures qui viennent s'annoncent particulièrement aléatoires !

Suivez la course EN DIRECT sur le site de l'ultratrail www.ultratrailmb.com

Course TDS - départ vendredi à minuit

Dossard 8464

avec mes potes Alain, Papy & le Zoulou !

Tous sms d'encouragements bienvenus,
cette fois-ci on va VRAIMENT savoir !

Polo,
IX/XII

vendredi 20 août 2010

Et de IX ... mais il s'en est fallu de peu !



L'Embrunman


3.8 km de natation dans le lac de Serre-Ponçon


188 km à vélo (annoncés – un peu exagérément mais quand même – avec 5000m de dénivelé +) dont l’ascension du mythique Col de l’Izoard.


42.195 km de course à pied sur un parcours … tout sauf plat.


Chaud cet « Embrunman » ! Cette fois-ci, il s’en est fallu de très peu pour que tout s’écroule et que je doive abandonner mes espoirs de boucler ce « défi des XII » …


Une triple crevaison successive à moins de 25km d’arrivée du parcours vélo a longtemps semblé irréparable. Pincette, problème de jante, de fond de pneu ? Je ne le saurai sans doute jamais, mais après le remplacement de ma 3ème (et dernière !) chambre à air en l’espace … d’un bon kilomètre, je pensais que ma belle année 2010 allait se terminer sur une petite route de montagne surplombant la Durance. Sans parler de la bonne heure concédée au cours de ces multiples montages, démontages, gonflages (et dégonflagesL ) qui me rapprochait doucement des délais « couperets » m’empêchant de parcourir le marathon après le vélo …


Mais revenons quelques heures en arrière.


Debout à 3h45 ! C’est le record de l’année. Moi qui n’aime pas manger tôt, je suis servi. Spordej’, pâtes, bananes … je fais doucement le plein. Depuis l’hôtel de Chorges, il y a environ 25km à parcourir en voiture pour rejoindre le plan d’eau d’Embrun dans la nuit.


Pour cette 9ème épreuve, c’est Lucky qui m’accompagne. 6 semaines après son Ironman à Nice, et … 3 semaines avant un autre « logue distance » à Cologne, il vient se « promener » avec moi sur ce diabolique Embrunman. C’est dire le niveau du gaillard !


L’ambiance d’un parc à vélo le matin d’un Ironman est toujours assez particulière. Surtout à Embrun où le départ se donne bien avant le lever du soleil. Place aux derniers préparatifs, surtout un séchage en règle du vélo qui a subit un violent orage au cours la nuit, gonflage des pneus (hem …), préparation des sacs de transition, … il est temps d’enfiler la combi de natation et de se concentrer pour le grand départ !


Les derniers instants de ce genre d’évènement sont toujours assez émouvants. On sait que l’on s’embarque pour une fameuse aventure … mais on ne sait pas bien où elle va nous mener.


C’est parti. Contrairement aux meilleurs qui courent vers la flotte, je marche calmement vers la rive. Bonne surprise lorsque le glisse mes pieds dans le lac : l’eau n’est pas trop froide ! C’est déjà ça. Par contre, il fait bien sombre. J’ai l’impression de me trouver avec 20 autres personnes dans une même baignoire, alors que quelqu’un a éteint la lumière et qu’on n’y voit pas à 10 centimètres. Vous imaginez le tableau ? Les premières centaines de mètres sont donc assez difficiles, mais heureusement très vite ça se calme et je peux commencer véritablement à nager.
Nager, d’accord mais par où ? J’essaye de deviner la première bouée qui est (très légèrement) éclairée. Heureusement elle n’est pas trop loin et surtout, il me suffit de suivre le « banc de sardines » pour m’y conduire. La 2ème bouée est légèrement mieux éclairée et je parviens à m’y diriger tout seul. Par contre pas de trace de la bouée n°3 …


Et pour cause ! Je l’imagine là bas loin à droite (et c’est donc par là que je nage !) alors qu’elle est loin là bas … à gauche ! Il me faut un bon moment pour que je m’en rende compte et que je corrige le tir. J’en oublierais presque de nager. J’essaye alors de m’allonger sur l’eau au maximum et de ne faire quasi aucun mouvement de jambes, car elles doivent encore servir après ;-)


Finalement, malgré cette grosse erreur d’orientation du début, ça va plutôt bien et je passe un moment assez agréable dans l’eau (si, si !). Le soleil se lève doucement et les reliefs montagneux se découpent enfin autour du lac. Il fait sec (non, pas dans le lac), mais le ciel reste assez menaçant.


1h17 pour ces 3km800 de natation. Pas exceptionnel, mais finalement très honnête pour un fer à repasser de mon calibre. Je sors de l’eau pour préparer ma première transition. Bien, sûr, Lucky est déjà là, équipé, vélo en mains et piaffant d’impatience ! Il a donc bien décidé de « m’accompagner » au cours de cette loooongue journée …


Transi un peu longue, mais pourquoi se presser, et en route pour le vélo ! Première tuile mécanique : le compteur ne se met pas en route. Je m’arrête, je chipote sur le capteur, je le rapproche de la roue … rien n’y fait. C’est sans doute dû à l’orage et c’est bien embêtant. Me voilà parti pour 188km sans connaître ni ma vitesse ni ma position sur le parcours, ça c’est pas cool.


Le parcours à vélo débute très fort. A peine sorti du parc, la route s’élève et les pourcentages sont directement difficiles. Il n’est que 7h30 du mat, les jambes souffrent un peu pour se mettre dans le rythme. Mais au bout de quelques kilomètres, je commence à me sentir pas trop mal. Lucky se promène une 50aine de mètres derrière moi, il me surveille !;-)


Après cette première ascension, passage par St Apollinaire et première descente vers le lac de Serre-Ponçon. C’est magnifique, certains lacets donnent l’impression que l’on va plonger dans l’eau verdâtre ! Malheureusement, un concurrent est passé du rêve à la réalité et en ratant un virage a fait une sale chute dans les rochers ! Le SAMU est là, les médecins lui ont déjà mis une perfusion … voilà qui refroidit à l’aube d’une journée où les descentes vertigineuses se succèderont. Va falloir être prudent !


Les kilomètres s’égrènent, après la boucle autour du lac, le parcours prend la direction de Mont-Dauphin (superbe fortification Vauban !) puis de Guillestre pour rejoindre le pied de l’Izoard. Les gorges du Queyras sont magnifiques, même si un petit rayon de soleil ne serait pas superflu. Après une quinzaine de kilomètres de légère montée, les 15 dernières bornes menant au sommet méritent une concentration toute particulière. D’abord 3 ou 4 km de lacets assez pentus pour rejoindre Arvieux, puis une horrible ligne droite reliant les stations d’Arvieux, La Chalp et Brunissard, soit 2 à 3 km au pourcentage assez effrayant. Viennent alors les célèbres lacets, difficiles, certes, mais où les virages proposent chaque fois quelques mètres « plus calmes ». Je suis content de remarquer que « tout va bien ». Lucky a décidé de faire l’ascension à son rythme (comprenez qu’il est parti devant moi ;-)) mais le mien n’est pas mal non plus.


Passage par la « case déserte » et son superbe paysage lunaire … puis viennent déjà les derniers lacets pour atteindre le sommet. Malgré mon compteur récalcitrant, là je sais que nous avons déjà parcouru environ 100km. Une très bonne chose de faite.


Petit ravito rapide avant de préparer la descente. 20 kilomètres !


Et quel pied cette descente ! L’état de la route est parfait, la visibilité est impeccable … je prends un plaisir fou à enchaîner les courbes et les lignes droites, je dépasse même une bonne 10aine de voitures ! Aucune idée de ma vitesse (le compteur est mort !), mais c’est peut-être mieux ainsi ;-)


Briançon. Il est temps de revenir doucement vers Embrun. Les jambes sont toujours bonnes malgré un petit vent de face. Une première petite pluie est par contre moyennement bien accueillie. Mais elle ne dure pas.


Je sais qu’il me reste 2 difficultés majeure pour clôturer le parcours vélo : d’une part Champcella (moi je l’appelle le « Pallon » parce qu’elle y mène et que ce nom est source de jeux de mots stupides ;-)) c’est un « mur » d’environ 2km (donc pas long ;-) mais au pourcentage horrible et constant ! Puis viendra l’ascension finale de Chalvet (au 178ème kilomètre !), soit 4 kilomètres bien costauds à négocier, surtout placés si tard sur le parcours.


A ma grande surprise, le « Pallon » tant redouté est finalement très bien géré, malgré une seconde averse, bien plus mouillante que la première … je commence à faire mes calculs et je me dis que mon temps final « vélo » devrait s’approcher des 8h15/8h30. Franchement pas mal sur ce profil.


C’était sans compter sur la défaillance de mon vieux Cannondale. Savait-il qu’il effectuait un de ces derniers efforts après plus de 10 ans de bons et loyaux services ? En tous cas, alors que je n’avais pas crevé une seule fois en 2010, la poisse allait s’abattre sur ma roue avant …


Une heure de perdue. (Malgré une super solidarité de tous les triathlètes qui sont passés à côté de moi au cours de ce pénible moment …) Adieu veau, vache, cochon, couvée … car si un miracle garde enfin mon pneu gonflé jusqu’à la transition, je me retrouve bien sûr loin derrière maintenant. Je me dépêche dans Chalvet pour éviter d’être hors délais. J’arrive finalement 35 minutes seulement avant l’heure de mise hors course …


Et il me reste 42 bornes à courir.


Malgré la déception, je me mets donc en route. Les jambes ne tournent pas vite, mais elles tournent. Lucky m’attend chaque fois au ravito pour repartir avec moi … avant de m’attendre au ravito suivant ! ! Il me faut un peu plus de 2h20 pour parcourir les 20 premiers kilomètres … c’est le moment choisi par le ciel pour se déchirer en un orage apocalyptique ! Une pluie très abondante, très froide, et qui agresse ce corps en plein effort depuis plus de 12 heures … c’est vraiment la dernière chose que je souhaitais !


La 2ème moitié du Marathon est donc assez pénible … mais bien sûr pas suffisamment pour mettre ma motivation en péril. Le soleil se couche (il en a de la chance, lui) et comme pour le départ natation, la fin du parcours se fait dans l’obscurité ….


16h30. Ce n’est pas terrible mais je devrai m’en contenter. L’essentiel est de recevoir le T-shirt « Finisher » qui signifie que le défi court toujours !


En franchissant la ligne d’arrivée, je sais que seulement 11 jours me séparent de l’épreuve sans doute la plus dure …


Cette fois-ci, ça passe ou ça casse !
Polo
IX/XII

mardi 10 août 2010

Mini Trip(le) au Mont Ventoux


N'est pas fou celui qui gravit le Ventoux ... est fou celui qui y revient !

C’était un des casse-tête de mon programme : quand allais-je parvenir à « caser » le mini trip(le) au Mont Ventoux ? J’ai finalement dû opter pour un aller-retour express, avec départ de Bruxelles le mardi 3 août … et retour déjà le jeudi matin !


Séjour bref, donc, mais bien chargé ! Rappelons les conditions à remplir pour prétendre au statut de « cinglé du mont Ventoux » : Gravir à vélo, le même jour (entre le lever et le coucher du soleil), les 3 routes d’accès à son sommet, à savoir au départ de Bédoin, de Malaucène et de Sault. Simple, non ?


Avignon, mercredi 4 août, 5h30 du mat’. Je m’extirpe avec moult difficultés des bras de Morphée. Il faut dire que la nuit que je viens de passer n’a pas été des plus reposantes : Le Mistral a en effet secoué tous les arbres des alentours dans un potin de tous les diables, peu propice à un sommeil réparateur.


Petite impression de « déjà vu » avec un Nième petit déjeuner du condamné (je commence à avoir l’habitude, finalement je suis une sorte de condamné en sursis permanent cette année…), les céréales et le Spordej sont avalés sans grand enthousiasme. Mais je connais trop l’importance de ce repas pour le négliger …


40 km (les seuls que je ferai en voiture !) séparent Avignon de Bédoin, au pied du mont Ventoux … et pas besoin de GPS pour s’orienter depuis la cité des Papes, le profil du géant de Provence est visible de très loin … Brrr, il a l’air encore plus haut que d’habitude aujourd’hui. Par contre, le vent à l’air de s’être un calmé, bonne nouvelle … eeuh, en tous cas dans la plaine, parce qu’en haut, on en reparlera. (Ventoux signifie malheureusement venteux en provençal)


Assemblage du bon vieux Cannondale. Remplissage des bidons et des poches. (Miam ! des barres énergétiques, que du plaisir en perspective L …) Il ne me reste qu’une démarche administrative à accomplir, à savoir le pointage de ma feuille de route, et c’est parti ! Il est 8h00 lorsque j’aborde, sur mon fidèle destrier, la borne annonçant « sommet du Mont Ventoux à 22km » …


L’accès par Bédoin est généralement considéré comme « le plus difficile », et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé d’entamer la trilogie par cette face-là. Mais cette première ascension sera de loin la plus facile du jour. Bien sûr je la fais « à l’économie », et j’essaye de ne pas suivre quelques cyclos plus rapides que je pourrais très vraisemblablement suivre … je m’efforce de garder les pulses à 140-145 au tout grand maximum, et je mouline ! Les kilomètres à plus de 9% se succèdent, mais ils sont avalés sans trop de difficultés.


Au passage au Chalet Reynard, à environ 6 km du sommet, lé décor devient lunaire. C’est le début de la magie du Ventoux, mais malheureusement la disparition de la végétation redonne son plein pouvoir au vent ! Et ce foutu Mistral est malheureusement bien là … Quelques une de ses rafales tentent bien de me déstabiliser et le rythme d’ascension en est un peu ralenti, mais les jambes sont encore en pleine forme pour résister ! La gigantesque station météo du sommet est alors atteinte sans grosse difficulté.


Et de une !

Malgré un grand soleil, il ne fait pas encore bien chaud là haut, avec tout ce vent. C’est vrai qu’il n’est pas encore 10h. Je m’abrite alors pour un peu récupérer, pour manger, boire, et préparer la descente. Ce petit break est bien agréable et la vue est superbe.


Fini de rêvasser, direction Malaucène. La descente est très agréable et assez rapide … le compteur s’affole plusieurs fois à plus de 85km/h, avant que je décide d’être un peu plus prudent et de me méfier de l’une ou l’autre rafale qui pourrait avoir des conséquences … fâcheuses. Cela ne m’empêche pas de dépasser de nombreuses voitures et de prendre beaucoup de plaisir dans l’enchaînement des grandes courbes.


C’est la chaleur qui m’accueille dans la plaine. En effet le mercure est bien monté depuis mon départ de Bédoin. Ici, peu ou pas de vent et le soleil tape ! Il faut donc ne pas trop traîner si je ne veux pas fondre ! Remplissage de bidons, petite barre énergétique, tamponnage du road-book … et il est temps de songer à l’épisode 2.


Il est un peu plus de 11h lorsque je réenfourche « Bronco » pour quitter Malaucène (Alors complètement engorgé par la circulation en ce jour de marché). Trouver le bon rythme d’ascension est un peu plus difficile que 3 heures plus tôt, mais c’est normal, j’imagine. Et contrairement au profil de l’accès pas Bédoin, qui est régulier et progressif, cette montée est plus irrégulière alternant dès le début des pourcentages très forts et des zones plus faciles. C’est un peu plus cassant … mais je parviens à tenir le cap sans trop de problème.


Ce versant me semble par contre bien plus à l’abri du vent, ce qui est une bonne nouvelle … sauf que cela rend la sensation de chaleur plus éprouvante. (Jamais content, je sais)


Pour cette 2ème ascension, j’ai décidé d’illustrer l’effort et son magnifique décor par un petit fond musical. Comprenez par là que j’ai branché mon Ipod pour « penser à autre chose » qu’à la souffrance de mes guiboles ! En choisissant le mode de lecture « aléatoire » (parmi 1200 morceaux), je ne me doutais pas du sens de l’à propos (de l’humour ?) de cette petite machine …
Jugez plutôt de la play list ! Au cours de la partie finale de cette 2ème montée, le hasard ( ?) me propose d’affilée : Bicycle race de Queen, Stairway to Heaven de Led Zep et Solsbury Hill de Peter Gabriel… Vues les circonstances, avouez que ça ne s’invente pas ! Mais c’était sans compter sur le « walking on the moon » une fois arrivé sur la partie « lunaire » de la montagne (à peine croyable, je l’avoue) … pour franchir la ligne d’arrivée du sommet pour la 2ème fois de la journée en écoutant un très symbolique « High hopes" de Pink Floyd ! (Plus « private joke », je l’admets)


Pour résumer, la fin de cette 2ème ascension a été un rien plus difficile que la 1ère, mais la douleur ( !?) a été très supportable. La fréquence cardiaque n’a jamais dépassé les 155 et les jambes ont plutôt très bien tenu le coup. J’avoue même me sentir un peu euphorique …


Et de 2, donc !


Il est un peu plus de 13h et il y a un monde fou là haut à cette heure-là… pas facile de trouver un petit coin pour déposer mon vélo et m’asseoir à l’abri du vent. Je parviens néanmoins à m’installer face au soleil et je savoure le moment. Je mange, je bois, j’envoie l’un ou l’autre sms … J’ai d’ailleurs un peu l’impression d’avoir déjà rempli ma mission du jour (la montée par Sault est tellement plus facile m’a-t-on dit …) mais bien sûr la suite me donnera sérieusement tort !


La descente vers Sault est très différente. D’abord 6km dans le vent jusqu’au Chalet Reynard (les mêmes 6 km de la route de Bédoin), puis à gauche pour 20 autres longs kilomètres. Longs parce que le revêtement de la route est moins bon, longs parce que la pente est moins prononcée et que donc la vitesse est réduite, longs surtout parce qu’il est temps d’en finir avec ce 8ème travail ! ;-)


Le village de Sault est beaucoup plus petit et plus calme que les 2 autres. J’arrête mon engin à l’ombre de quelques arbres qui bordent la place principale, je me ravitaille en liquide au petit magasin du coin et je vais faire « tamponner » mon road book à l’office du tourisme.


J’ai faim. Il me reste bien sûr plusieurs succulentes ( !?) barres énergétiques dans la poche arrière … mais l’envie de « salé » est très présente. Une petite échoppe sur la place vend des crêpes … et des quarts de pizzas ! Je n’hésite pas longtemps avant d’acheter et de dévorer 2 quarts de pizzas Margherita... ca fait un bien fou !


Je sais que pour courir, ce genre d’écart alimentaire serait une grosse erreur, mais je me dis que pour rouler, cela ne posera pas de problème. Je suis d’ailleurs sûr d’avoir fait le bon choix en me remettant en selle, et je ne changerai pas d’avis avant … 15km. Départ de Sault. Il me reste donc 26km pour achever mon travail n°8.


Pour bien comprendre les données du problème, précisons que les 2 premières ascensions correspondaient chaque fois à un dénivelé positif de +/- 1600m sur 21 (Bédoin) et 22km (Malaucène), cette troisième route n’accuse que 1200m de D+… sur 26km. Moins de dénivelé sur un trajet plus long : c’est clair, le pourcentage moyen est plus faible et cela devrait être donc beaucoup plus facile !


Cette belle théorie va vite s’avérer fausse. Car c’était bien sûr sans compter sur mes pauvres jambes qui commencent doucement (mais surement) à se rebeller en manifestant quelques signes de fatigues. En effet, les pentes à 5% sont perçues comme faisant du 7. Ca ça va encore. Mais bien sûr les morceaux à 7 ou 8% sont perçus comme faisant du 9 ou du 10. Et ça, ça va nettement moins.


Les kilomètres s’égrènent donc un peu plus difficilement que prévu, la beauté des champs de lavande ne parvenant pas à compenser la douleur lancinante qui commence à s’installer. Bah ! Je me dis que cela aurait été trop facile si je n’avais pas éprouvé quelques difficultés !


C’était oublier le passager clandestin embarqué à Sault ! En effet, c’est ici que l’on reparle de la copine Margherita (oui, la pizza !). Elle semble ne pas avoir envie de m’accompagner jusqu’au sommet et manifeste quelques signes désagréables pour quitter mon estomac prématurément … L’excellente idée du « goût salé » se transforme doucement en cauchemar. Après quelques hésitations (que je ne vous décrirai pas ;-) Margherita décide de couper la poire en deux, à savoir ne plus être tout à fait dans l’estomac … mais ne pas remonter jusqu’à faire « le grand retour! ».


C’est donc dans ces conditions assez difficiles (et sans mettre le pied à terre) que j’arrive à nouveau au chalet Reynard pour les 6 derniers kilomètres. Le dernier accès au sommet ne va pas être une partie de plaisir. Le vent souffle plus fort que ce matin, la pente est perçue comme beaucoup plus raide, les jambes trinquent … seul le cœur reste imperturbable est c’est déjà ça de pris !


Mais ce n’est pas cette demi-heure de souffrance assez intense qui va diluer le plaisir de cette journée ! Je déconnecte les fils « douleur physique » … et j’arrive enfin au sommet !


Et de trois ! Contrat rempli, me voilà officiellement « cinglé du Ventoux » et je suis assez fier de mon nouveau titre.


Ce troisième arrêt au sommet est bien sûr un plus long. Je savoure le moment et je fini par digérer la pizza ! Il ne me reste plus qu’à basculer une dernière fois dans la pente pour rejoindre Bédoin … Il ne faut traîner pour rentrer à Bruxelles, récupérer un peu et préparer l’enchaînement de fou qui m’attend dans quelques jours.


Mais ça ce sera une autre histoire !

Polo VIII/XII

lundi 2 août 2010



Bon, cette fois c’est sûr, on va bientôt savoir si tout ce « bazar » était vraiment raisonnable …
J’avoue franchement que tous ces entraînements et tous ces déplacements commencent à me sortir par les oreilles … et dire que j’arrive à peine au moment le plus chaud...


Et si tout s’est bien passé jusqu’ici, la fatigue s'accumule ... et l’enchaînement le plus risqué aura bien lieu ce mois-ci : Le 15 aout, ce sera donc l’Embrunman, le fameux triathlon « longue distance » tracé sur un parcours démentiel. A lui seul, c’est déjà un véritable monument des efforts d’endurance. Mais se dire qu’une fois celui-ci terminé ( dans le meilleur des cas ?!?) il me restera moins de 12 jours pour m’aligner au départ de la « TDS » (Sur la Trace des Ducs de Savoie – UTMB) soit un trail de 111km avec 7000 (!!) mètres de dénivelé positif … Ca promet.


Les sensations actuelles sont assez difficiles à interpréter : 7 épreuves ont été réalisées, et la grande majorité des séances d’entraînement depuis le mois de mai sont des séances d’entretien ou de récup …(Et c'est parfois bien éprouvant) Au cours de ces entraînements, les moments de grande fatigue et de forme se succèdent sans véritable logique. Difficile donc de savoir si j’en fais trop ou pas assez. Faut s'accrocher.


De toute façon, il est trop tard pour changer son fusil d’épaule !


Dès demain (mardi 3/8) j’effectuerai donc un voyage express en Provence. La triple ascension à vélo du Mont Ventoux (travail numéro 8) est programmée ce mercredi 4 ! Ce sera aussi le point quasi final de la préparation vélo pour l’Embrunman.


J’ai appris qu’il y avait beaucoup de vent ces derniers jours sur les pentes du géant de Provence, espérons que cela change…


L’essentiel sera surtout de limiter au maximum la fatigue engendrée par les voyages … et bien sûr de gérer au mieux les 3 ascensions ! L’ordre sera vraisemblablement le suivant : Première montée au départ de Bédoin (tôt le matin !), ensuite ce sera le versant au départ de Malaucène, pour terminer par la voie « la plus facile », c'est-à-dire celle de Sault. Une belle journée en perspective !


Si tout se passe bien là-bas, il sera alors temps de penser aux échéances de fin de mois …


Je tenais aussi à vous remercier pour vos nombreux messages d’encouragements, car s’i l y a peu de réactions « directes « sur ce blog ou sur facebook (timides ? ;-)), vous êtes heureusement très nombreux à envoyer des mails et des sms très motivants. Merci …
Polo
VII/XII

jeudi 8 juillet 2010

A l'assaut de la Marmotte ...





C’est un programme pas triste qui m’attendait ce premier week-end de juillet !



Tout parait toujours facile lorsque l’on planifie calmement son programme d’épreuves, calmeemnt installé devant son PC, 12 mois plus tôt … et puis arrive le moment de passer à l’action ! Et débuter la partie « vélo » du défi des XII en enchaînant la célèbre « Marmotte » le samedi avec la répétition de la grimpée de l’Alpe d’Huez le dimanche, avec quelques heures de récup’ seulement, c’était pas de la tarte !



Samedi, 4h45 du mat’,(un quart d’heure plus tard j’aurais eu des frissons et j’aurais dû monter le son … allusion pour ceux « qui suivent » et qui ont plus de … euh …. 35 ans, c’est bon j’arrête) la sonnerie du réveil lance une journée de folie. Pas facile de manger à cette heure-là (et le petit nœud de stress situé dans la gorge n’arrange rien) mais il le faut. Donc je pousse les aliments dans la bouche et je me force à les avaler. Avec la répétition des épreuves cette année, je commence à avoir l’habitude de ce « dernier repas du condamné à mort » …



Déplacement vers Bourg d’Oisans en voiture. Je devine que ce sera le chaos total dans le patelin de départ, je décide donc de me garer à 3 ou 4 km de là et de terminer le voyage en m’échauffant à vélo. Je m’efforce de « mouliner » sans effort, ça a l’air d’aller. Apparemment les efforts des derniers jours ne pèsent pas trop sur les cuisses.



Le départ des dossards 0001 à 2000 est prévu à 7:00. Comme il y a plus de 7000 participants (!), je suis très content de m’être débrouillé pour me procurer le 1603 ! J’arrive dans ce « premier box » bien à l’heure et je regarde autour de moi : C’est clair, je suis entouré d’une horde de bikers fous furieux assoiffés de bitume ! Du genre affutés à 60 ou 70kg (au grand max !), des jambes ne présentent pas le moindre poil suspect et les muscles sont secs aux veines saillantes, … Ca promet ! Sans même parler de leurs bécanes high tech que je préfère ne pas comparer avec mon vieux Cannondale du siècle dernier… Je décide donc sagement de me faire très discret jusqu’au départ ;-)



C’est parti. Pour rejoindre Allemond au pied du col du Glandon, première difficulté de la journée, une petite dizaine de kilomètres « plats » nous sont proposés en ce début du parcours. (Et ils seront rares !) J’ai prévu de les rouler « à l’aise » pour me mettre doucement en jambes. Mais ce n’est pas ce qu’a décidé la déferlante batave (un bon 60 à 70 % des participants sont hollandais) … pas le moindre petit groupe ou peloton qui ne roule à moins de 40 à l‘heure. Je me force à ne pas les suivre … ce qui n’est pas simple. Mais je suis persuadé que c’est la bonne décision.



Les premières pentes près d’un lac sont presque accueillies avec soulagement … enfin plus de pelotons mais des cyclistes individuels confrontés avec la montagne. Je trouve progressivement le bon rythme et les bons développements. On est parti pour 17 km de grimpette avant de rejoindre le sommet, et il faut surtout ne pas se brûler dans cette première ascension ! On aborde plusieurs zones à plus de 10% et je suis ravi de les gravir sans problèmes, je « cale » même ma fréquence cardiaque max aux alentours de 145 pour être exagérément sage. Je suis aussi ravi de constater que je suis tout à fait « dans le coup » par rapport aux cyclistes qui m’entourent, j’en vois d’ailleurs qui souffrent déjà exagérément … connaissent-il la suite du programme ?



Une fois arrivé au lac de Grand-Maison, le pourcentage de la pente se stabilise à 7 ou 8% … cela me permet d’atteindre aisément le sommet et même de profiter de ce paysage extraordinaire. Le vélo en montagne c’est vraiment magnifique. Je franchis donc ce premier col dans les meilleures conditions, après un peu plus de 2 heures d’effort. Je profite quelques instants du « ravito » pour recharger bidons et batteries … avant de plonger dans la première descente !



L’organisation a décidé de « neutraliser » le chrono sur cette descente, pour tempérer les ardeurs des casse-cou. C’est vrai qu’elle est assez dangereuse, très sinueuse avec un revêtement parfois en mauvais état … mais c’est très difficile de descendre « au ralenti ». Je décide donc d’être prudent mais de ne pas utiliser exagérément les freins. Vitesse moyenne entre 60 et 70 à l’heure … quelques petits coups de freins lorsque je dépasse cette vitesse, et surtout j’aborde les virages « aveugles » bien à droite et prêt à ralentir ! J’aime beaucoup descendre, mais c’est malheureusement souvent la source de douleurs au niveau cervical …



Une fois arrivé à Sainte Marie de Cuines, c’est à nouveau quelques kilomètres de vallée qui nous attendent. Une grosse vingtaine de bornes pour rejoindre Saint Michel de Maurienne. Avec un petit groupe de hollandais, je fais l’effort pour rejoindre un gros peloton qui nous « entraînera » dans son sillage jusqu’au pied du Télégraphe. Au bout de 10km, ce peloton doit être composé de plus de 250 cyclistes ! Cela avance assez vite, c’est pratique … mais il faut être sacrément prudent au milieu de cette meute …



Voilà un virage à 90° sur la droite que je connais bien pour l’avoir reconnu quelques jours plus tôt : dans 100 mètres la route va s’élever pour attaquer le col du Télégraphe ! Pas très long de Télégraphe, 12 km environ, avec un pourcentage assez constant entre 7 et 9%. La transition « plat – col » est toujours assez délicate, mais je retrouve très vite un bon rythme, toujours bien « calé » à 145 de pulses, c'est-à-dire : facile ! ;-). J’avale donc assez aisément ce col mais je sais très bien que ce n’est qu’une mise en bouche avant le Galibier ! Je décide même de ne pas m’arrêter du tout au sommet et de directement enchaîner avec la (courte) descente vers Valloire. Il y a un ravitaillement à sa sortie, c'est-à-dire au pied du Galibier, et je préfère ne pas répéter les arrêts inutiles.



Je mange, je bois (mais je n’ai en fait pas arrêté de le faire depuis le départ) et j’attaque donc l’ascension suivante. 17 km pour atteindre le point le plus élevé du parcours, culminant à plus de 2600m d’altitude.



Il est grand temps de vous faire des révélations : Un long col comme le Galibier doit tout d’abord « se faire désirer » ! Surtout ne pas l’attaquer sans son consentement, le prendre à la hussarde, ni même agresser ses premiers lacets, sous peine de « râteau » immédiat. Un col, ça s’amadoue, ça se conquiert … Il faut le trouver attirant, le lui faire comprendre en souriant et en caressant délicatement ses courbes lacet après lacet, … mais un col de cette envergure, surtout, ça se mérite ! Il ne se donnera pas à vous dans la facilité … vos battements de cœur s’accélèrent, le souffle se fait plus court, la gorge s’assèche : tous ces signes physiques de la passion sont indispensables pour atteindre l’extase du sommet …



Cette ascension tient toutes ses promesses. La plaisir est au rendez-vous et l’effort nécessaire pour rejoindre le col reste tout à fait maîtrisé. Pas plus de 155 de pulses dans les zones les plus pentues, une position assise seulement interrompue tous les 3 ou 400 mètres pour une petite relance de quelques coups de pédale « en danseuse » … les doutes commencent à s’estomper et je commence à entrevoir la réussite de cette sixième épreuve !



A 2600m d’altitude, malgré la présence de neige, la température reste très agréable. Il fait juste suffisamment frais pour se « rafraîchir ».. Pour varier les plaisirs, j’ose même me servir de pain, de fromage et de saucisson au ravitaillement, ça change du goût sucré de toutes ces barres énergétiques ! J’enfile les manches et j’engage ma bécane sur l’autre versant du Galibier.
C’est parti pour près de 45 km de descente avant de rejoindre Bourg d’Oisans!



Tout d’abord les lacets serrés du Galibier sur 10 bornes. Avec quelques petites pointes très sages à 70-72 km/h. Il s’agit d’être prudent car la falaise toute proche est à pic … Ensuite passage par le col du Lautaret, et après quelques virages courts, viennent les longues lignes droites très rapides ! Je ne regarde pas trop le compteur pour ne pas me faire peur, et je pilote le vélo dans le trafic. Quel plaisir de dépasser voitures, camping cars, bus, … mais il faut rester très attentif. Les moments les plus délicats sont les traversées des nombreux tunnels particulièrement mal éclairés. Le contraste de l’obscurité avec la lumière aveuglante de la montagne est délicat à gérer. Juste avant de rentrer dans le tunnel, je fais glisser de 2 cm les lunettes de soleil sur le nez pour « y voir quelques chose » … en espérant surtout que les automobilistes qui viennent en face restent attentifs !



La vallée est vite rejointe à ce rythme -là, et ce n’est plus que 5 ou 6 km de plat qui nous séparent du pied de la dernière difficulté (mais quelle difficulté !) de la journée : la montée vers l’Alpe d’Huez ! Je remets donc enfin les jambes en mouvement, elles n’ont plus rien fait depuis le sommet du Galibier. Bien que fort fatiguées, elles tournent, et c’est déjà ça ! … je profite de l’occasion pour manger une dernière fois …



De plus de 2600m, nous voilà redescendu à une altitude de 800m … et la plus mauvaise surprise de la journée nous attend au pied de l’Alpe : Il fait mourant de chaud ! Il y a 35 degrés à l’ombre … mais je sais très bien que sur la route aux 21 virages, il n’y a PAS d’ombre !



De plus la pente des 3 premiers kilomètres est terrible, en permanence entre 10 et 13 % … l’ascension des 2 premiers virages est extrêmement douloureuse, j’ai l’impression que ma tête va exploser sous le casque tellement ça bouillonne. Me voilà très loin de l’histoire d’amour vécue avec le Galibier … les petits murets du bord de route fleurissent de participants « à la dérive », désespérément affalés avec les bras appuyés sur le cadre de leur machine … Je dois me faire violence pour ne pas les rejoindre …



Mon compteur kilométrique affiche parfois des chiffres très décourageants … à peine 7 km/h dans les portions les plus raides ! Heureusement quelques spectateurs se rendent compte de notre détresse et nous arrosent copieusement d’eau froide. La sensation est d’abord très désagréable, mais le refroidissement est salutaire … je ne comptais initialement pas m’arrêter au ravito à mi-ascension, mais j’ai la bonne idée de changer d’avis : je bois, je m’asperge longuement d’eau et je me fais même « tremper » de haut en bas par un militaire armé d’un tuyau d’arrosage !



La dernière partie est un peu plus « raisonnable » … de temps en temps la pente est un peu moins raide et j’essaye d’en profiter un maximum. On traverse Huez et l’Alpe est juste là-bas au dessus ! Je parcours les derniers kilomètres un peu « dans le brouillard » et je franchis la ligne d’arrivée après un peu plus de 10 heures d’effort … Le bonheur est inversement proportionnel à la quantité d’énergie qu’il me reste !



Cette 6ème épreuve a tenu toutes ses promesses !… et dire qu’à peine une quinzaine d’heures me sépare du travail suivant. Demain matin, je répète l’ascension de l’Alpe (13 petits kilomètres …) mais sous la forme d’un contre la montre cette fois.



La nuit est très mauvaise et le réveil difficile … mais à 8h30, malgré la fatigue, la température est heureusement beaucoup plus clémente que la veille. Je réunis toute l’énergie restante, mais mes pauvres jambes ne me permettront pas de faire mieux qu’1h25 environ pour atteindre le sommet.



Plus de 2 fois le chrono de Pantani ;-)
Mais me voilà à 7 …




Je sens qu’un peu de récup’ va être bien nécessaire maintenant !



Polo
VII/XII

vendredi 2 juillet 2010

Du vélo ... extrême !



Quelques heures avant le départ de la Marmotte, je vais essayer de passer ma nervosité en écrivant ces quelques petites lignes ...


Dimanche passé, le soir même du dernier défi plutôt ... "salé", je rejoignais Bedoin, au pied du mont Ventoux.(sans oublier de faire un petit détour de quelques centaines de kilomètres pour soutenir des potes confrontés à la chaleur étouffante de la promenade des Anglais pendant l'Ironman de Nice, allez Lucky, allez Irving ! félicitations les gars...)


Pas de retour vers Bruxelles, donc, car les échéances du week-end suivant (demain !) nécessitaient une préparation spécifique... et cela permettait aussi d'éviter un aller-retour Bruxelles - Sud de la France supplémentaire. (bien fatigant quand on roule seul !)


Et me voilà à la fin de cette semaine de forçat solitaire (pas toujours très drôle, mais il faut ce qu'il faut) ... Une première ascension du Ventoux lundi le lendemain du "Monte-Cristo", ascension sous une chaleur écrasante (j'y reviendrai dans quelques semaines pour une triple ascension le même jour ... ce sera du lourd !), puis déplacement vers les Alpes, avec un camp de base installé à La Grave (superbe ! dans le col du Lautaret, l'hôtel choisi de nombreuses fois par Armstrong pour préparer ses tours de France !)


Programme de la semaine ? Du vélo et encore du vélo ! ... reconnaissance des cols du Glandon (dur !), de la Croix de Fer, du Lautaret, du Télégraphe, du Galibier (looong !) ... et les célèbres 21 virages pour monter à l'Alpe d'Huez ! Chaleur en journée, orages l'après-midi, ... espérons que la météo sois plus clémente ce week-end (mais c'est pas prévu ...)


Et voilà, aujourd'hui vendredi enfin un jour "de repos" ... mais avec une préparation du matériel, du vélo, ... et voilà la pression qui monte ! Car ici, il y a 7000 (!) paires de mollets super affutés prêts à attaquer le parcours de folie au programme demain (toutes les ascensions précitées ... mais enchaînées !)


Réveil demain à l'aube et départ à 7h ...

Arrivée prévue ... une grosse dizaine (douzaine ?) d'heures plus tard ... si tout va bien.


Polo

V/XII