vendredi 14 mai 2010

Me voilà officiellement "centbornard" !



Je me doutais que cette course de 100km à pied serait un cap difficile à passer, le moins que l’on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçu !

Arrivé à Steenwerck quelques heures avant la course, la première constatation est qu’il fait froid ! Et si la température est déjà basse à 4h de l’après-midi, qu’en sera-t-il à 4h du matin ! Brrrrr. Le choix de la tenue vestimentaire de départ n’est donc pas chose aisée. J’opte néanmoins provisoirement pour une tenue « relativement légère »: short collant et bas « boosters » jusqu’en dessous des genoux pour le bas, 1 seule couche mais en textile « hiver » et longues manches pour le « haut ». Mais je prépare déjà les couches à rajouter lorsque la nuit sera tombée, sans perdre de vue les possibilités de pluie…

Le départ est donné à 19h00. Une première boucle unique de 5km est effectuée dans le village, avant d’aborder les 5 boucles de 19km. Je pars prudemment et les sensations sont « moyennes » : j’ai beaucoup mangé depuis le matin et la digestion n’est pas encore terminée. Mais ce ne sera l’affaire que de quelques kilomètres.
Je décide de me brancher sur la planète Ipod et je cherche ma « première » vitesse de croisière, à classer de préférence dans la catégorie « très facile ». Cela a l’air de marcher : Je parcours 10km700 la première heure puis 10km600 la 2ème. Comme espéré. Plus vite serait trop risqué, et je suis convaincu que ralentir ne me fatiguerait pas moins. La 3ème heure est encore au dessus des 10km/h, mais je commence doucement à avoir froid. Le soleil se couche vers 22h, la température chute, pas de doute, la nuit sera longue !

Le parcours de ce « 100 bornes »est ce que l’on pourrait appeler « champêtre ». Car mis à part quelques hectomètres dans le village et le long d’une nationale, la grande majorité du parcours se compose de petites routes asphaltées au milieu des champs, style chemins de remembrement. Aucun éclairage, pas beaucoup de repères … si ce n’est quelques odeurs très « couleur locale » ! C’est sûr, ce décor me change de mes précédentes épreuves à Barcelone, dans le Sahara ou dans les Ardennes … mais bon, c’est plat, et c’est déjà ça.

Me voilà doucement vers la fin de mon 2ème grand tour, j’approche des 40km au compteur et je commence à trouver le temps bien long … Et dire que cette course n’a pas encore vraiment commencé. Il fait noir et je n’ai pas pensé à mettre ma lampe frontale 2 heures plus tôt au premier passage près de mon sac. Difficile de repérer le sol et ses pièges … Heureusement un phare de vélo vient à ma rencontre ! Je reconnais assez facilement la silhouette sportive du Prez … et ça fait plaisir ! Après environ 4h d’effort, sa compagnie tombe vraiment à pic. Je ne le sais pas encore, mais je ne ferai plus le moindre mètre sans ange gardien jusqu’à la fin de la course!

La fin du 2ème grand tour (sur 5) se situe au 43ème km. Je jette un regard sur ma montre pour apercevoir mon temps de passage au marathon : moins de 4h08. Très honnête, mais je sais bien que le rythme va fléchir, c’est inévitable. Une deuxième excellente nouvelle m’attend au ravito : la présence de Kiki, Bernadette, Papy et le Zoulou ! Sur leurs conseils avisés, je prends sagement le temps de m’arrêter pour me changer : je couvre totalement les jambes, je retire le shirt déjà bien humide et j’enfile 2 couches, 1 T-shirt technique et un top longues manches.

Il doit être 23h30, Papy et le Zoulou sont en tenue pour m’escorter, lampes frontales vissées sur le front : Les body guards sont prêts, il ne faut s’y pas traîner à s’y remettre ! Je ne le sais pas encore à ce moment-là, mais ce 3ème tour va être de loin le plus difficile.

Je ne peux même pas encore songer à décompter les km avant l’arrivée (et pour cause, il en reste encore 57 !) mais mon organisme décide de faire clignoter simultanément tous les voyants d’alarme. Description non exhaustive: Les muscles des cuisses se durcissent genre béton armé, les pieds chauffent, les genoux craquent, le dos déguste, la tête est vaseuse … pire encore, l’estomac menace de se retourner à chaque mini quart de micro demi bouchée que je lui impose … C’est clair, sans James et Paul qui sont venus spécialement pour m’épauler, je me mettrais à marcher. Grace à eux, j’essaye de ne pas trop me plaindre et je continue. Le rythme chute, je m’en rends bien compte, mais je parviens à garder le cap et à trottiner. C’est très simple : Le Zoulou ouvre la route, tandis Papy balaie la trajectoire de son faisceau lumineux pour que je puisse choisir où poser les pieds … du grand luxe, quoi !

Les ravitos sont nombreux sur le parcours et me permettent aussi de trouver le « rythme » d’alimentation. Je m’y arrête à chaque fois, mais je ne m’accorde que quelques secondes pour attraper un gobelet et un petit quelque chose à manger. Je marche pour boire et manger (quelques secondes seulement), et moins de 100m après, je remets tant bien que mal la petite foulée en route (C’est le moment le plus pénible !). Cette tactique a tenu jusqu’au bout.

Le temps passe lentement, mais nous voilà proche du 60ème kilomètre … Il doit être pas loin de 2h du mat’ et là il fait vraiment froid. Je vois arriver la fin du 3ème tour avec une certaine inquiétude : vais-je continuer une fois que mes anges gardiens auront accompli leur tâche ? J’ai toujours pensé que l’avant dernier tour semblerait le plus long …

62km accomplis, rentrée aux « stands ». Il reste 2 tours et je décide de m’habiller encore plus chaudement. Grâce à l’aide de toute l’équipe, je change une fois encore les vêtements mouillés, et je rajoute en plus une couche imperméable. J’enfile les gants et la lampe frontale.

Petit miracle inattendu : le Zoulou rempile pour 19km supplémentaire ! Cette excellente nouvelle me soulage et me détend. Je ne sais même plus si je remercie suffisamment Papy et Bernadette pour leur soutien... Faudra pas oublier de le faire après ! Ce 4ème tour sera le plus lent, c’est vrai, mais sa gestion sera vraiment quasi parfaite. James épouse ma foulée de crapaud (lui qui n’aime pas courir lentement, je n’ose imaginer l’effort qu’il doit faire !) et les kilomètres s’égrènent. Même si l’info n’est qu’anecdotique, je constate que ma technique non brevetée du « ravito express » porte ses fruits : plusieurs concurrents me dépassent régulièrement, à des vitesses bien plus rapides que la mienne, mais je les retrouve un peu plus loin, soit scotchés sur une chaise aux ravitaillements, soit en train de marcher pour récupérer … Courage, continuer, il faut continuer !

Je pense tout d’abord avoir des hallucinations, mais James me le confirme : il neige ! D’accord, ce ne sont que quelques grains bien modestes, mais vues les circonstances ils ne sont pas vraiment les bienvenus … Bah, ce contretemps me fait oublier que j’ai mal partout, et ce n’est peut-être pas plus mal. Car cette fois-ci, je ne peux pas m’empêcher d’enfin commencer à décompter ce qu’il reste à parcourir. 70km accompli, il en reste moins de 30 ! C'est-à-dire un nombre commençant par 2 … c’est puéril, je vous l’accorde, mais une distance « dans la vingtaine » devient « raisonnable », et cela permet doucement d’entrevoir, même de très loin encore, la fin de ce calvaire …

80km, on se rapproche de la fin de cet avant-dernier tour tant redouté. J’en profite pour établir une rapide check list des messages en provenance du corps et de la tête : C’est très simple, « tout va très mal, mais finalement ce n’est pas pire que tout à l’heure ! ». Si j’avais la force je sourirais, mais ce serait du gaspillage ;-)

81km. Dernier passage par les stands. Après 38km et … quelques longues heures de course, le Zoulou achève sa mission. Thanks ! Il est 4h30 du matin ! Je crois me souvenir de lui avoir demandé d’être prudent en rentrant en voiture … je m’assieds et dépose mes pieds en position surélevée pour 180 secondes (et pas une de plus !)

En m’inscrivant à cette course au pays des Chtis, j’espérais une grosse ambiance tout au long de la nuit, avec musique, gros éclats de voix et bière qui coule à flot … Hem, on est loin du compte : l’ambiance est inexistante. On a déjà vu des enterrements plus amusants. Et pourtant Kiki et le Prez sont toujours là ! Après un petit BBQ (moins festif que prévu …) et sans doute après un petit dodo dans la voiture, ils m’attendent pour m’accompagner sur ce dernier tour ! Génial !

J’attaque donc les 19 derniers kilomètres. Alain m’accompagne sur le vélo, Kiki viendra à contresens pour courir les derniers kilomètres … quelle Dream Team ! Et contre toute attente… la petite foulée de crapaud tient toujours le coup !… il me semble avoir quelques absences (je n’ai plus l’esprit très clair) mais j’essaye d’entretenir une conversation avec le Prez. Vivement dimanche qu’on aille admirer son rejeton Christophe au triathlon de Seneffe ! Ca au moins c’est un vrai athlète … et heureusement qu’il n’est pas là pour se moquer de ma foulée de batracien ;-) … chaque seconde passée à penser à autre chose qu’à cette damnée course est une seconde de gagnée. Le reste du temps, j’ai l’honneur de faire la connaissance de douleurs jusqu’ici inconnues. « Enchanté ! Moi, c’est Polo, à qui ai-je l’honneur ? « … « Bonjour ! Je suis une petite irritation du tendon d’Achille et je viens te pourrir la vie jusqu’à l’arrivée ! … »

Le soleil se lève … enfin, le soleil c’est une façon de parler : Il commence à pleuvoir et ce qui nous tombe dessus est vraiment glacial ! Cette mauvaise nouvelle me réveille et éloigne mon esprit de tous mes petits bobos … c’es déjà ça de gagné. Je plains Alain qui doit se les geler à rouler à une vitesse si lente dans ces conditions!

90km. Ca se rapproche ! Moins de 10km à parcourir et je commence me faire une idée du temps final, qui ne sera finalement pas loin de celui prévu. Mais qui est ce type idiot qui court à contresens là-bas ? C’est Kiki ! Il vient me tirer pour les derniers kilomètres. Je me cale avec bonheur dans sa foulée et je décompte hectomètre par hectomètre … Alain fait quelques photos, et j’ai (presque) le sourire. Il reste moins de 3 km, cette fois il ne peut plus rien m’arriver. Au loin, je vois 2 ou 3 concurrents qui en terminent aussi. Petite montée de testostérone : et si on gagnait quelques places ? Stupide je vous l’accorde, mais tellement agréable ;-) Petit signe à Kiki et j’accélère progressivement. Gonflé à bloc par l’arrivée très proche, je me surprends à courir de plus en plus vite … j’avale au moins 3 coureurs avant de sprinter dans les 250 derniers mètres !

Une évidence me vient à l’esprit pendant ces derniers mètres, et ce malgré la fatigue et ma stupide petite accélération : Sans cette équipe de choc, c’est certainement une aventure très différente et bien plus pénible que j’aurais vécue. Je leur suis particulièrement reconnaissant !… Merci Bernadette, Alain, Christophe, James et Paul !

Je franchis la ligne d’arrivée en 12h16’33 … j’écrase (très discrètement !) une petite larme :
Ca, c’est fait ...!

Polo
IV/XII

mercredi 12 mai 2010

Z'auriez envie de courir 100 bornes par un temps pareil, vous ?



On y est. Le départ de la course est programmé ce soir (mercredi 12) à 19h00, et donc en route pour une loooongue nuit… D’abord un petit tour de 5km « en ville » (faut voir la taille du patelin ;-)) puis 5 boucles de 19km … si tout va bien ! Arrivée prévue après une 12aine d’heure d’efforts, dans le meilleur des cas … mais je ne me fixe pas de temps, le but est bien d’arriver au bout !


Lorsque j’avais concocté le programme l’année passée, je me souviens d’avoir apprécié que cette épreuve se déroule de nuit. En effet, en plein mois de mai, on pouvait déjà craindre des chaleurs importantes en journée, ce qui aurait pu poser quelques problèmes … Yeeah, on peut dire que je me suis bien planté sur ce coup là … la météo de ces jours-ci est plus automnale qu’autre chose, et c’est bien le froid et l’humidité qui risquent de perturber la « fête » … Comme si le fait de devoir galoper 100 kilomètres n’était pas déjà assez difficile en soi.

Mais restons positif. Car à part cela « tout va bien », la récupération des efforts précédents semble suffisante (j’aime bien le choix de ce terme) , l’envie d’aller « jusqu’au bout » est déjà bien présente dans ma p’tite tête (et cela sera la qualité essentielle pour y arriver, à n’en pas douter) … il y a juste cette petite appréhension de l’inconnu. A quel rythme partir au cours des premières heures ? Quelle est la meilleure stratégie alimentaire ? Quand est-ce que j’aurai mal ? ;-) Je n’ai en fait aucun repère et il faudra donc s’adapter aux circonstances de course, voire improviser …


Et je me réjouis de pouvoir compter sur quelques accompagnateurs / lièvres de luxe pour m’aider à tenir le coup ! Sont déjà pressentis comme Guest Stars cette nuit : Kiki, le Prezi , Le Zoulou, Papy… j’ai même entendu parler de barbecue et de dégustation de flacons choisis … Ca risque de ne pas être triste ! …

Alors ayez une p’tite pensée pour moi juste avant de rejoindre les bras de Morphée ce soir : je serai en train de courir …


A très bientôt,
Polo
III/XII

jeudi 6 mai 2010

It's all about récup ...


Il ne reste donc que 6 jours avant la fin du « premier cycle » de ce défi. C’est en effet mercredi, le 12 mai à 19h00 que sera donné le départ des 100km de Steenwerck. 100 bornes …
Pourquoi considérer cette course comme une fin de cycle ? Surtout parce que c’est la 4ème épreuve d’affilée proposant un type d’effort très comparable, de la course à pied et/ou du trail, entraînant de ce fait une accumulation de fatigue et de bobos des mêmes muscles et des mêmes articulations. (Et une certaine lassitude ou monotonie bien sûr) Le cycle suivant verra ensuite s’enchaîner (après quelques semaines de presque récup quand même ! …) d’autres disciplines sportives, d’abord « un peu » de natation mais surtout beaucoup de vélo en montagne…
On n’en est pas encore là ! Car tout porte à croire que ce 100km de course à pied ne sera pas une simple formalité. Je dois l’avouer, la fatigue générale est encore là et bien là, même si je ne la ressens pas tous les jours de la même façon. Je m’entraîne beaucoup moins (surtout depuis le retour du MDS) et les séances sont généralement assez courtes. Cette adaptation me semble indispensable pour refaire suffisamment « de jus » pour la suite, mais par contre cela ne me donne pas beaucoup de renseignements (de « sensations ») sur mon état de forme actuel. Tous ceux qui s’entraînent régulièrement vous le diront : Rien de tel qu’un volume de travail important et de quelques sorties intenses pour se « sentir en forme » ! … dans la situation actuelle, je suis donc un peu en manque de repères.
La « machine » a eu besoin d’une fameuse révision ces derniers temps ! Les séances bi hebdomadaires de kiné avec Marlène ont heureusement boosté la récupération indispensable après la Bouillonnante, mais quelques travaux plus structurels ont dû être pris en mains par le sieur Juju (Ostéo), … car la colonne a donné quelques signes de faiblesse, et ce à différents étages (cervical, dorsal et lombaire … la totale !) e ont des problèmes à suivre de près au cours des prochaines semaines …
Mais ce 100km, c’est aussi un plongeon dans l’inconnu. A quel rythme partir ? Quels sont les moments à redouter ? L’alimentation à prévoir? L’équipement ? Comment mon corps réagira à un tel effort ? … avec bien sûr comme question subsidiaire : ai-je suffisamment récupéré des épreuves précédentes ?
J’essaye de me convaincre que les « longs » efforts produits jusqu’ici à l’entraînement et lors des 3 premières épreuves (dont un 16 heures au MDS, et 5 séances de course ou de trail au dessus des 6 heures au cours de ces 3 derniers mois) devraient m’avoir suffisamment aguerri pour attaquer cette impressionnante distance ... Il « suffira » donc d’être sage, de bien écouter le corps et de garder la volonté et l’enthousiasme intact tout au long de la nuit … Il « suffira » de courir et de suivre l’Etoile …
Ce sera par contre la première épreuve où je serai « seul « (pas trouvé de potes suffisamment masos pour me suivre, bizarre, non ?;-) mais il y a déjà quelques candidats « accompagnateurs - supporters » (Alain, Kiki, Papy ? …)
Un peu de soutien ne fera sûrement pas de tort pour tenir le coup !
A bientôt,
Polo
III/XII

lundi 26 avril 2010

3ème travail accompli … dans la douleur


La Bouillonnante, un trail de 50km.
J’avais raison de me méfier de cette course !

Je me faisais une joie de retrouver Bouillon sous le soleil, avec cette organisation très sympa de la famille Van Gasse, ce magnifique parcours, technique et sélectif, cette très agréable ambiance …
Premier coup de semonce samedi soir, lorsque nous apprenons du père Van Gasse himself, petit sourire narquois aux lèvres, que la distance globale est passée à 52.5 km (dénivelé annoncé 2500m +) et qu’il nous a rajouté quelques belles surprises …
Deuxième avertissement lorsqu’il faut se rendre à l’évidence que la journée de dimanche sera chaude, et chacun sait que les premières « chaleurs » belges sont souvent assez suffocantes pour l’organisme. Très confiant (trop ?), je pense pour ma part être « immunisé » grâce à mon récent séjour dans la Sahara… la suite des évènements me donnera tort.

Tout commence très bien. Dès le départ, les sensations sont excellentes, les jambes avalent les premières pentes sans problème et le rythme de course sur le plat et dans les descentes est même assez rapide. 1h15 pour atteindre le ravito du 1er passage à Frahan (12km) ou je ne m’arrête pas plus de 2 minutes, 2h30 pour atteindre celui de Cornimont (22 km) … et 2h55 pour atteindre la mi-parcours !
Mi-parcours ? En kilomètres, sans doute. Mais en termes de difficultés, je sais bien que la 2ème moitié est beaucoup plus exigeante. Sans parler des fameuses « surprises » promises par l’organisateur. De plus, on arrive dans les heures les plus chaudes, et malgré les grandes quantités de boissons que j’essaye de boire, je sens que mon organisme … bouillonne ! Ces 25 ou 27° me font plus cuire que les 50° rencontrés dans le désert il y a 2 semaines à peine …
35ème kilomètre environ. Première « surprise du chef » : un dévers démoniaque de 2 km. A la limite de rupture de l’équilibre, les chevilles et les genoux encaissent un maximum. Sans parler de la musculature. Et ça continue à chauffer. Au pied d’un petit raidillon, hors d’haleine, je me surprends à m’arrêter une petite minute avant de l’attaquer ! Vivement le prochain ravito pour essayer d’inverser la tendance.
Ravito de Frahan (2ème passage). 39km environ et 4h45 d’effort au chrono. Quelques heures plus tôt je m’y étais à peine arrêté, mais là je vais tout faire pour me « refaire une santé ». Je mange, je bois, je m’asperge d’eau fraîche … 10 bonnes minutes sont nécessaires pour me retaper … (enfin c’est ce que j’espère.)
Car les 13 derniers kilomètres du parcours sont les plus durs. 200 mètres à peine après le ravito, c’est un véritable mur qui nous est proposé. C’est tellement vertical qu’il faut s’aider des mains, voire des dents ! …
Et puis cela n’arrête plus : raidillons, descentes casse-gueule, échelles, troncs d’arbres en pagaille … Et ce qui ne m’arrive jamais se produit : en poussant sur mes guiboles pour escalader une Nième plaque de schiste, mon mollet droit part en crampe (je n’ai jamais de crampe !) Je crie de surprise et de douleur, ce qui fait bien rire un de mes compagnons d’infortune, un participant qui m suit depuis quelques kilomètres et qui est également au bord des crampes … j’essaye de me récupérer sur l’autre jambe, mais le mollet gauche accuse la même faiblesse ! Il reste 5 km au compteur, et je me rends compte qu’ils vont être bien longs !

A partir de là, chaque petite montée et chaque descente (zones propices aux crampes de mollets) sont gérées chirurgicalement. Je m’oblige à tirer mes orteils vers le haut dans la chaussure à chaque appui, pour légèrement étirer le muscle et l’empêcher de partir en crampe …
Au moins ça m’occupe l’esprit ;-)

Une dernière descente quasi verticale (j’hésite à la faire sur les fesses, mais mes mollets me laissent heureusement tranquille quelques instants) et voilà enfin l’arrivée ! (une dernière montée au sommet de la citadelle, merci du cadeau ;-)

7h30 d’effort. Et avec une très surprenante 118ème place à la clef. (Quand on voit le paquet de spécialistes qui étaient au départ, c’est inespéré) Comme quoi je n’étais pas le seul à souffrir sur ce parcours … et d’ailleurs, même dans les moments « vraiment difficile », à bien réfléchir, je me suis fait très peu dépasser. J’ai par contre croisé quelques participants vraiment mal en point. J’apprendrai plus tard que mon calvaire a été partagé par beaucoup de participants du 52km, et que je m’en suis finalement plutôt très bien sorti en comparaison.

Paul (Papy !) me rejoint à l’arrivée un peu plus tard, rappelons que lui aussi était dans le désert il y a 2 semaines… chapeau ! Son regard en franchissant la ligne est sans équivoque : les yeux écarquillés de celui qui est allé « loin » dans l’effort, mais aussi cette petite lumière qui signifie clairement « yes, on l’a fait !’ ». C’est sûr, ce n’est pas encore la dernière « folie » que l’on fera ensemble.

Patrice et Alain arrivent également à bon port. Ils ont souffert tous les 2 mais ont rejoint l’arrivée … Les quelques moments de doutes qu’ils ont traversé ne les ont pas empêchés de terminer le parcours. Nous y sommes arrivés tous les 4 ! Cela fait très plaisir.
Et de 3.
Est-ce la fatigue générale ou la particularité de la météo qui m’a mis dans un état pareil ? Il va falloir le savoir très vite pour éventuellement rectifier le tir dans les prochaines semaines. Car le 12 mai se profile un de mes « travaux » les plus redoutés : à savoir un ultra Marathon (100km à pied) … et comme je comptais aller m’entraîner dès la week-end prochain à gravir mes premiers cols à vélo dans les Alpes (pour préparer « la suite ») … va falloir être prudent.
Dernier commentaire : au MDS, je n’ai pas perdu 200g sur toute la semaine … hier j’ai perdu plus de 4 kg ! (je pesais 78kg ce matin, du jamais vu) Il va falloir être TRES prudent.
A bientôt,
Polo
III/XII

vendredi 23 avril 2010

En route pour le 3ème travail ce dimanche : La Bouillonnante !


Je savais que la période de récupération serait courte entre le retour du désert et ce trail de Bouillon … mais là, à 36h du départ de la « Bouillonnante », j’ai carrément l’impression qu’hier encore je dormais à la belle étoile dans le Sahara !

Après ces 42h d’effort intense répartis sur 9 jours d’aventure, le travail de récupération et de « remise à neuf » était bien nécessaire ! Les 2 séances de kiné par semaine se sont révélées indispensables… Et puis heureusement j’ai pu me remettre tout de suite à l’entraînement en course à pied, puisque revenu du MDS sans pépin physique. Je me suis néanmoins forcé à éviter les trop longues séances et les sorties trop « rapides ». Et pour déjà préparer « la suite », j’ai un peu plus mis l’accent sur la natation et le vélo (et il va falloir sérieusement s’y mettre, car les prochaines échéances se rapprochent à grands pas) mais là aussi avec un volume global très faible en comparaison avec la période des entraînements d’hiver.

D’ailleurs j’éprouve un drôle de sentiment ces jours-ci, une sorte de « culpabilité » … j’ai l’impression de ne plus rien avoir foutu ces 12 jours et d’être hors forme! J’ai beau essayer de me convaincre que c’était ce qu’il fallait faire, que tout va bien et que je serai (suis) prêt, je me lancerai un petit peu dans l’inconnu dimanche à 9h00 au départ de cette « 3ème épreuve » !

Et, au risque de me répéter, ces 50 km de trail à Bouillon seront tout sauf une partie de rigolade. Je connais le parcours pour l’avoir fait l’année dernière, il recèle de belles surprises et quelques beaux moments de bravoure sont à prévoir en fin de parcours.

Heureusement, je n’y serai pas seul. Mes compagnons du jour seront Paul, Patrice et Alain … nous effectuerons déjà le déplacement vers Bouillon demain samedi dans l’après midi pour nous mettre dans les meilleures conditions possibles. C’est toujours agréable de « humer l’ambiance » le jour avant !...

… Ah oui, il parait qu’il va faire "chaud" dimanche. Mais ce ne sont pas ces 25 degrés éventuels qui vont me faire peur après les 50 de Merzouga !
A bientôt,
Polo
II/XII

mardi 13 avril 2010

A l'arrivée du MDS, 2ème défi réussi ...

Et bien voilà !
Non, ce n'est pas la dernière étape de 21km, clôturant cette belle aventure dans les superbes dunes géantes de Merzouga, qui aurait pu avoir raison de notre enthousiasme et de notre détermination.
Nous avons achevé cette 25ème édition du Marathon des Sables, et le 2ème travail est donc accompli !
Je tiens d'emblée à vous remercier chaleureusement des nombreux messages d'encouragements reçus sur place, et qui ont entretenu notre moral tout au long de cette semaine.
Le choix délibéré de faire la course "en équipe" a vraisemblablement limité notre classement général final (nous sommes finalement 312, 313 et 314ème sur 1013 participants au départ), mais peu importe, l'objectif initial était clairement de (bien) terminer, sans oublier de garder un oeil sur l'enchaînement des prochaines échéances. Et de ce point de vue-là, c'est une réussite complète : je me sens vraiment en pleine forme, et je n'ai pas la moindre ampoule, (ce qui est difficile à croire pour beaucoup), et je suis déjà impatient de m'attaquer aux épreuves suivantes ! .
La course en équipe révèle par contre de grandes qualités : l'entraide, le soutien, mais surtout, le partage ! Car sur cet extraordinaire parcours de 250km en plein Sahara, il y a des moments et des images qui resteront gravés en nos mémoires, des anecdotes et des sensations que nous ne pourrons partager qu'entre nous, des instants de vie uniques qui nous relieront toujours. Merci Papy, merci le Zoulou !
A peine le temps de savourer ce moment (mérité !) de satisfaction qu'il faut déjà penser à la prochaine étape. La Bouillonnante, un trail de 50km programmé le 25 avril. Cet évènement peut paraître anodin, comparé à la course précédente, mais surtout ne vous y fiez pas ! A peine 14 jours après la grande aventure du désert, et seulement 16 jours avant une course de 100km sur route, cette superbe épreuve très cassante pourrait s'avérer être un vrai piège ...
Et à moi de ne pas tomber dedans !
Polo
II/XII

dimanche 11 avril 2010

5eme etape du MDS - vendredi‏

Pour respecter la tradition, l'avant dernière étape du MDS est toujours un Marathon.
C'est donc 42km qui nous attendaient aujourd hui. Et cela s'est très bien passé ! Un parcours assez plat, mais extrêmement caillouteux, quelques très belles zones de dunes, mais heureusement une temperature plus supportable.
Etape tres bien gérée par l'equipe, nous réalisons notre meilleure moyenne de la semaine. Même si c'est anecdotique et que notre objectif n'est pas là, nous remontons même au classement général!
De mon côté, je suis très content, me voilà a 21km de la fin de mon 2ème travail, je me sens de mieux en mieux jour apres jour, et je n'ai pas la moindre ampoule ce qui est bien rare dans tout le bivouac !
Demain 21 bornes dans les plus belles et les plus hautes dunes de la region, puis nous savourerons en équipe ce moment de bonheur et de plaisir. Apres 6h de bus, nous rejoindrons notre hotel a Ouarzazate, ou nous pourrons enfin nous laver apres 9 jours !
On y est presque !