lundi 2 août 2010



Bon, cette fois c’est sûr, on va bientôt savoir si tout ce « bazar » était vraiment raisonnable …
J’avoue franchement que tous ces entraînements et tous ces déplacements commencent à me sortir par les oreilles … et dire que j’arrive à peine au moment le plus chaud...


Et si tout s’est bien passé jusqu’ici, la fatigue s'accumule ... et l’enchaînement le plus risqué aura bien lieu ce mois-ci : Le 15 aout, ce sera donc l’Embrunman, le fameux triathlon « longue distance » tracé sur un parcours démentiel. A lui seul, c’est déjà un véritable monument des efforts d’endurance. Mais se dire qu’une fois celui-ci terminé ( dans le meilleur des cas ?!?) il me restera moins de 12 jours pour m’aligner au départ de la « TDS » (Sur la Trace des Ducs de Savoie – UTMB) soit un trail de 111km avec 7000 (!!) mètres de dénivelé positif … Ca promet.


Les sensations actuelles sont assez difficiles à interpréter : 7 épreuves ont été réalisées, et la grande majorité des séances d’entraînement depuis le mois de mai sont des séances d’entretien ou de récup …(Et c'est parfois bien éprouvant) Au cours de ces entraînements, les moments de grande fatigue et de forme se succèdent sans véritable logique. Difficile donc de savoir si j’en fais trop ou pas assez. Faut s'accrocher.


De toute façon, il est trop tard pour changer son fusil d’épaule !


Dès demain (mardi 3/8) j’effectuerai donc un voyage express en Provence. La triple ascension à vélo du Mont Ventoux (travail numéro 8) est programmée ce mercredi 4 ! Ce sera aussi le point quasi final de la préparation vélo pour l’Embrunman.


J’ai appris qu’il y avait beaucoup de vent ces derniers jours sur les pentes du géant de Provence, espérons que cela change…


L’essentiel sera surtout de limiter au maximum la fatigue engendrée par les voyages … et bien sûr de gérer au mieux les 3 ascensions ! L’ordre sera vraisemblablement le suivant : Première montée au départ de Bédoin (tôt le matin !), ensuite ce sera le versant au départ de Malaucène, pour terminer par la voie « la plus facile », c'est-à-dire celle de Sault. Une belle journée en perspective !


Si tout se passe bien là-bas, il sera alors temps de penser aux échéances de fin de mois …


Je tenais aussi à vous remercier pour vos nombreux messages d’encouragements, car s’i l y a peu de réactions « directes « sur ce blog ou sur facebook (timides ? ;-)), vous êtes heureusement très nombreux à envoyer des mails et des sms très motivants. Merci …
Polo
VII/XII

jeudi 8 juillet 2010

A l'assaut de la Marmotte ...





C’est un programme pas triste qui m’attendait ce premier week-end de juillet !



Tout parait toujours facile lorsque l’on planifie calmement son programme d’épreuves, calmeemnt installé devant son PC, 12 mois plus tôt … et puis arrive le moment de passer à l’action ! Et débuter la partie « vélo » du défi des XII en enchaînant la célèbre « Marmotte » le samedi avec la répétition de la grimpée de l’Alpe d’Huez le dimanche, avec quelques heures de récup’ seulement, c’était pas de la tarte !



Samedi, 4h45 du mat’,(un quart d’heure plus tard j’aurais eu des frissons et j’aurais dû monter le son … allusion pour ceux « qui suivent » et qui ont plus de … euh …. 35 ans, c’est bon j’arrête) la sonnerie du réveil lance une journée de folie. Pas facile de manger à cette heure-là (et le petit nœud de stress situé dans la gorge n’arrange rien) mais il le faut. Donc je pousse les aliments dans la bouche et je me force à les avaler. Avec la répétition des épreuves cette année, je commence à avoir l’habitude de ce « dernier repas du condamné à mort » …



Déplacement vers Bourg d’Oisans en voiture. Je devine que ce sera le chaos total dans le patelin de départ, je décide donc de me garer à 3 ou 4 km de là et de terminer le voyage en m’échauffant à vélo. Je m’efforce de « mouliner » sans effort, ça a l’air d’aller. Apparemment les efforts des derniers jours ne pèsent pas trop sur les cuisses.



Le départ des dossards 0001 à 2000 est prévu à 7:00. Comme il y a plus de 7000 participants (!), je suis très content de m’être débrouillé pour me procurer le 1603 ! J’arrive dans ce « premier box » bien à l’heure et je regarde autour de moi : C’est clair, je suis entouré d’une horde de bikers fous furieux assoiffés de bitume ! Du genre affutés à 60 ou 70kg (au grand max !), des jambes ne présentent pas le moindre poil suspect et les muscles sont secs aux veines saillantes, … Ca promet ! Sans même parler de leurs bécanes high tech que je préfère ne pas comparer avec mon vieux Cannondale du siècle dernier… Je décide donc sagement de me faire très discret jusqu’au départ ;-)



C’est parti. Pour rejoindre Allemond au pied du col du Glandon, première difficulté de la journée, une petite dizaine de kilomètres « plats » nous sont proposés en ce début du parcours. (Et ils seront rares !) J’ai prévu de les rouler « à l’aise » pour me mettre doucement en jambes. Mais ce n’est pas ce qu’a décidé la déferlante batave (un bon 60 à 70 % des participants sont hollandais) … pas le moindre petit groupe ou peloton qui ne roule à moins de 40 à l‘heure. Je me force à ne pas les suivre … ce qui n’est pas simple. Mais je suis persuadé que c’est la bonne décision.



Les premières pentes près d’un lac sont presque accueillies avec soulagement … enfin plus de pelotons mais des cyclistes individuels confrontés avec la montagne. Je trouve progressivement le bon rythme et les bons développements. On est parti pour 17 km de grimpette avant de rejoindre le sommet, et il faut surtout ne pas se brûler dans cette première ascension ! On aborde plusieurs zones à plus de 10% et je suis ravi de les gravir sans problèmes, je « cale » même ma fréquence cardiaque max aux alentours de 145 pour être exagérément sage. Je suis aussi ravi de constater que je suis tout à fait « dans le coup » par rapport aux cyclistes qui m’entourent, j’en vois d’ailleurs qui souffrent déjà exagérément … connaissent-il la suite du programme ?



Une fois arrivé au lac de Grand-Maison, le pourcentage de la pente se stabilise à 7 ou 8% … cela me permet d’atteindre aisément le sommet et même de profiter de ce paysage extraordinaire. Le vélo en montagne c’est vraiment magnifique. Je franchis donc ce premier col dans les meilleures conditions, après un peu plus de 2 heures d’effort. Je profite quelques instants du « ravito » pour recharger bidons et batteries … avant de plonger dans la première descente !



L’organisation a décidé de « neutraliser » le chrono sur cette descente, pour tempérer les ardeurs des casse-cou. C’est vrai qu’elle est assez dangereuse, très sinueuse avec un revêtement parfois en mauvais état … mais c’est très difficile de descendre « au ralenti ». Je décide donc d’être prudent mais de ne pas utiliser exagérément les freins. Vitesse moyenne entre 60 et 70 à l’heure … quelques petits coups de freins lorsque je dépasse cette vitesse, et surtout j’aborde les virages « aveugles » bien à droite et prêt à ralentir ! J’aime beaucoup descendre, mais c’est malheureusement souvent la source de douleurs au niveau cervical …



Une fois arrivé à Sainte Marie de Cuines, c’est à nouveau quelques kilomètres de vallée qui nous attendent. Une grosse vingtaine de bornes pour rejoindre Saint Michel de Maurienne. Avec un petit groupe de hollandais, je fais l’effort pour rejoindre un gros peloton qui nous « entraînera » dans son sillage jusqu’au pied du Télégraphe. Au bout de 10km, ce peloton doit être composé de plus de 250 cyclistes ! Cela avance assez vite, c’est pratique … mais il faut être sacrément prudent au milieu de cette meute …



Voilà un virage à 90° sur la droite que je connais bien pour l’avoir reconnu quelques jours plus tôt : dans 100 mètres la route va s’élever pour attaquer le col du Télégraphe ! Pas très long de Télégraphe, 12 km environ, avec un pourcentage assez constant entre 7 et 9%. La transition « plat – col » est toujours assez délicate, mais je retrouve très vite un bon rythme, toujours bien « calé » à 145 de pulses, c'est-à-dire : facile ! ;-). J’avale donc assez aisément ce col mais je sais très bien que ce n’est qu’une mise en bouche avant le Galibier ! Je décide même de ne pas m’arrêter du tout au sommet et de directement enchaîner avec la (courte) descente vers Valloire. Il y a un ravitaillement à sa sortie, c'est-à-dire au pied du Galibier, et je préfère ne pas répéter les arrêts inutiles.



Je mange, je bois (mais je n’ai en fait pas arrêté de le faire depuis le départ) et j’attaque donc l’ascension suivante. 17 km pour atteindre le point le plus élevé du parcours, culminant à plus de 2600m d’altitude.



Il est grand temps de vous faire des révélations : Un long col comme le Galibier doit tout d’abord « se faire désirer » ! Surtout ne pas l’attaquer sans son consentement, le prendre à la hussarde, ni même agresser ses premiers lacets, sous peine de « râteau » immédiat. Un col, ça s’amadoue, ça se conquiert … Il faut le trouver attirant, le lui faire comprendre en souriant et en caressant délicatement ses courbes lacet après lacet, … mais un col de cette envergure, surtout, ça se mérite ! Il ne se donnera pas à vous dans la facilité … vos battements de cœur s’accélèrent, le souffle se fait plus court, la gorge s’assèche : tous ces signes physiques de la passion sont indispensables pour atteindre l’extase du sommet …



Cette ascension tient toutes ses promesses. La plaisir est au rendez-vous et l’effort nécessaire pour rejoindre le col reste tout à fait maîtrisé. Pas plus de 155 de pulses dans les zones les plus pentues, une position assise seulement interrompue tous les 3 ou 400 mètres pour une petite relance de quelques coups de pédale « en danseuse » … les doutes commencent à s’estomper et je commence à entrevoir la réussite de cette sixième épreuve !



A 2600m d’altitude, malgré la présence de neige, la température reste très agréable. Il fait juste suffisamment frais pour se « rafraîchir ».. Pour varier les plaisirs, j’ose même me servir de pain, de fromage et de saucisson au ravitaillement, ça change du goût sucré de toutes ces barres énergétiques ! J’enfile les manches et j’engage ma bécane sur l’autre versant du Galibier.
C’est parti pour près de 45 km de descente avant de rejoindre Bourg d’Oisans!



Tout d’abord les lacets serrés du Galibier sur 10 bornes. Avec quelques petites pointes très sages à 70-72 km/h. Il s’agit d’être prudent car la falaise toute proche est à pic … Ensuite passage par le col du Lautaret, et après quelques virages courts, viennent les longues lignes droites très rapides ! Je ne regarde pas trop le compteur pour ne pas me faire peur, et je pilote le vélo dans le trafic. Quel plaisir de dépasser voitures, camping cars, bus, … mais il faut rester très attentif. Les moments les plus délicats sont les traversées des nombreux tunnels particulièrement mal éclairés. Le contraste de l’obscurité avec la lumière aveuglante de la montagne est délicat à gérer. Juste avant de rentrer dans le tunnel, je fais glisser de 2 cm les lunettes de soleil sur le nez pour « y voir quelques chose » … en espérant surtout que les automobilistes qui viennent en face restent attentifs !



La vallée est vite rejointe à ce rythme -là, et ce n’est plus que 5 ou 6 km de plat qui nous séparent du pied de la dernière difficulté (mais quelle difficulté !) de la journée : la montée vers l’Alpe d’Huez ! Je remets donc enfin les jambes en mouvement, elles n’ont plus rien fait depuis le sommet du Galibier. Bien que fort fatiguées, elles tournent, et c’est déjà ça ! … je profite de l’occasion pour manger une dernière fois …



De plus de 2600m, nous voilà redescendu à une altitude de 800m … et la plus mauvaise surprise de la journée nous attend au pied de l’Alpe : Il fait mourant de chaud ! Il y a 35 degrés à l’ombre … mais je sais très bien que sur la route aux 21 virages, il n’y a PAS d’ombre !



De plus la pente des 3 premiers kilomètres est terrible, en permanence entre 10 et 13 % … l’ascension des 2 premiers virages est extrêmement douloureuse, j’ai l’impression que ma tête va exploser sous le casque tellement ça bouillonne. Me voilà très loin de l’histoire d’amour vécue avec le Galibier … les petits murets du bord de route fleurissent de participants « à la dérive », désespérément affalés avec les bras appuyés sur le cadre de leur machine … Je dois me faire violence pour ne pas les rejoindre …



Mon compteur kilométrique affiche parfois des chiffres très décourageants … à peine 7 km/h dans les portions les plus raides ! Heureusement quelques spectateurs se rendent compte de notre détresse et nous arrosent copieusement d’eau froide. La sensation est d’abord très désagréable, mais le refroidissement est salutaire … je ne comptais initialement pas m’arrêter au ravito à mi-ascension, mais j’ai la bonne idée de changer d’avis : je bois, je m’asperge longuement d’eau et je me fais même « tremper » de haut en bas par un militaire armé d’un tuyau d’arrosage !



La dernière partie est un peu plus « raisonnable » … de temps en temps la pente est un peu moins raide et j’essaye d’en profiter un maximum. On traverse Huez et l’Alpe est juste là-bas au dessus ! Je parcours les derniers kilomètres un peu « dans le brouillard » et je franchis la ligne d’arrivée après un peu plus de 10 heures d’effort … Le bonheur est inversement proportionnel à la quantité d’énergie qu’il me reste !



Cette 6ème épreuve a tenu toutes ses promesses !… et dire qu’à peine une quinzaine d’heures me sépare du travail suivant. Demain matin, je répète l’ascension de l’Alpe (13 petits kilomètres …) mais sous la forme d’un contre la montre cette fois.



La nuit est très mauvaise et le réveil difficile … mais à 8h30, malgré la fatigue, la température est heureusement beaucoup plus clémente que la veille. Je réunis toute l’énergie restante, mais mes pauvres jambes ne me permettront pas de faire mieux qu’1h25 environ pour atteindre le sommet.



Plus de 2 fois le chrono de Pantani ;-)
Mais me voilà à 7 …




Je sens qu’un peu de récup’ va être bien nécessaire maintenant !



Polo
VII/XII

vendredi 2 juillet 2010

Du vélo ... extrême !



Quelques heures avant le départ de la Marmotte, je vais essayer de passer ma nervosité en écrivant ces quelques petites lignes ...


Dimanche passé, le soir même du dernier défi plutôt ... "salé", je rejoignais Bedoin, au pied du mont Ventoux.(sans oublier de faire un petit détour de quelques centaines de kilomètres pour soutenir des potes confrontés à la chaleur étouffante de la promenade des Anglais pendant l'Ironman de Nice, allez Lucky, allez Irving ! félicitations les gars...)


Pas de retour vers Bruxelles, donc, car les échéances du week-end suivant (demain !) nécessitaient une préparation spécifique... et cela permettait aussi d'éviter un aller-retour Bruxelles - Sud de la France supplémentaire. (bien fatigant quand on roule seul !)


Et me voilà à la fin de cette semaine de forçat solitaire (pas toujours très drôle, mais il faut ce qu'il faut) ... Une première ascension du Ventoux lundi le lendemain du "Monte-Cristo", ascension sous une chaleur écrasante (j'y reviendrai dans quelques semaines pour une triple ascension le même jour ... ce sera du lourd !), puis déplacement vers les Alpes, avec un camp de base installé à La Grave (superbe ! dans le col du Lautaret, l'hôtel choisi de nombreuses fois par Armstrong pour préparer ses tours de France !)


Programme de la semaine ? Du vélo et encore du vélo ! ... reconnaissance des cols du Glandon (dur !), de la Croix de Fer, du Lautaret, du Télégraphe, du Galibier (looong !) ... et les célèbres 21 virages pour monter à l'Alpe d'Huez ! Chaleur en journée, orages l'après-midi, ... espérons que la météo sois plus clémente ce week-end (mais c'est pas prévu ...)


Et voilà, aujourd'hui vendredi enfin un jour "de repos" ... mais avec une préparation du matériel, du vélo, ... et voilà la pression qui monte ! Car ici, il y a 7000 (!) paires de mollets super affutés prêts à attaquer le parcours de folie au programme demain (toutes les ascensions précitées ... mais enchaînées !)


Réveil demain à l'aube et départ à 7h ...

Arrivée prévue ... une grosse dizaine (douzaine ?) d'heures plus tard ... si tout va bien.


Polo

V/XII


lundi 28 juin 2010

Sur les traces d'Edmond Dantès


Si vous me permettez une suggestion, M'sieur Dumas (pour un éventuel futur roman ?!..), la prochaine fois que vous cherchez un endroit original pour emprisonner un de vos héros, pensez simplement à l'île du Chalet Robinson au bois de la Cambre, ou sur un ilôt des étangs Mellaerts ... un choix de ce genre pour votre futur Comte de Monte-Cristo m'aurait évité pas mal de mésaventures ! ...

Dimanche, 9h du mat. Après un briefing "à la française" (comprenez par là que finalement rien ne se passera comme expliqué lors du dit-briefing ;-)), je me joins au 599 autres participants de ce Trophée de Monte-Cristo en embarquant dans le bateau qui va nous "larguer" au Chateau d'If.


La zone de départ n'est pas des plus rassurantes, nous devons nous faufiler entre de gros rochers sur lesquels les vagues viennent s'écraser, ce qui ne manque pas de bousculer et déséquilibrer la masse des nageurs qui essayent de rejoindre l'eau... (Bon, en même temps les organisateurs n'ont pas poussé le vice jusqu'à nous enfermer dans un sac avant de nous jeter du haut de la falaise ... donc ...)

Le départ est un vrai foutoir. Personne ne sait si les "palmés" doivent partir devant ou derrière les "sans palme", pas de vraie ligne de départ, un bâteau de touristes italiens accoste justement sur l'île en nous envoyant de grands remous, ... bref, je "devine" le départ et je me mets en route !

Comme prévu, (et contrairement à ce qui avait été annoncé au départ, hem ) une bonne 20aine de plonguers armés de tubas et de gigantesques palmes me passent littéralement dessus ! Pire que les troupes d'Attila.

Je reprends mes esprits ... et un peu d'oxygène (ça peut servir) et j'essaye de m'orienter. Caramba ! Je ne vois RIEN. Depuis la zone de départ, il est prévu de "viser" un phare et une bouée ... mais ce n'est même pas le problème de buée dans les lunettes, ni même le soleil pris en pleine face, j'ai beau redresser la tête hors de l'eau : je ne vois toujours RIEN !

Heureusement il y a un plan "B" : A Marseille, c'est bien connu, il faut toujours s'en remettre à la "Bonne Mère". La Bonne Mère, c'est aussi l'église (la cathédrale ?) située sur une la colline qui domine Marseille et qui est donc visible de très loin. Elle, je la voit ! Ce sera donc mon axe de visée sur les 2 premiers kilomètres.

Cette fois je trouve mon rythme de croisière, malgré la densité du peloton. Ca fait maintenant un bon quart d'heure que je nage ... et je ressens une douleur aigüe à la cheville. Un flash me rappelle une discussion tenue 1 heure plus tôt avec un nageur australien. Il m'avait parlé des risques de se faire attaquer par des requins dans son pays ! Rien de cela pour moi, pas d'attaques de squale géant ... mais seulement une sale piqûre de méduse. (C'est moins Rock & Roll, je l'avoue) Pas agréable et pas prévu, mais il faudra faire avec. La douleur me gênera un bon bout de temps pour s'estomper au bout d'une grosse demi heure.

Grâce à la Bonne Mère, j'atteins finalement les 2 phares, les 2 bouées ... mais il est temps de changer de cap maintenant. Et là, ça va être la galère. Les bouées sensées me guider son très peu visibles. Et me voilà parti pour une partie de zig-zags de 3 bornes ! (à vol d'oiseau, ... ou à nage de poisson, si vous préférez vues les circonstances) Deux fois au moins je me ferai remettre sur le "droit chemin" par des coup de sifflet stridents venus de bâteux accompagnateurs ...

Avec tout ça, j'en viendrais presque à oublier l'effort permanent à fournir, les vagues qui me secouent dans tous les sens, et surtout ce goüt de sel de plus en plus présent dans la bouche ... et si encore j'avais droit à une petite Tequila ! ;-)

Finalement, tout cela passe plutôt vite (si je compare avec une étape du MDS ou avec ma belle promenade nocturne dans la campagne Steenwerckoise ...) et je vois (enfin !) la fameuse bouée rouge qui annonce l'entrée dans la crique d'arrivée. Il reste 300 mètres ! J'accélère le rythme pour passer 2 ou 3 concurrents. (on s'amuse de la même façon sur le terre ferme et dans l'eau !...)

Je passe la ligne d'arrivée.

Rapide retour à la réalité : les modalités d'arrivée sont bordeliques et les arrivants sont maintenus en file indienne à moitié dans l'eau pendant 10 minutes ! Quand on sait que la tête à tendance à tourner après un long effort de natation ... c'est sûr, l'organisation mérite sérieusement des améliorations. J'en profite pour regarder mon chrono : 1h46, pas mal pour un fer à repasser ! (j'apprendrai plus tard mon classement : 183ème place des "non palmés")

Et voilà, un des travaux les plus redoutés est accompli. Ca fait déjà 5... Je vais finir par croire que je vais y arriver ;-)

Je ne reviens pas tout de suite en Belgique. Je reste pour une semaine en "stage vélo" dans le sud de la France (Ventoux, les cols des Alpes, ....) et arrivent déjà les travaux VI et VII ce week-end ! (La Marmotte et la grimpée de l'Alpe)

Récit du stage et du reste ... très bientôt !


Polo



V/XII



samedi 26 juin 2010

A la flotte ! ...

La flotte n'est pas mon élément favori. Déjà que j'en boit peu (bon, à la rigueur si elle est bien fraîche, pétillante ... et qu'il n'y ait vraiment rien d'autre !) Car avec le pids exagéré de mes jambes, ma flottabilité de parpaing, nager tient vraiment du miracle ! je ne vais pas m'étendre sur mes premières expériences nautiques lors de triathlons, mais sachez que ce fut de looongs moments de solitude ! Solitudes parfois trompée par la présence de l'un ou l'autre kayak - balais, c'est tout dire ...
Depuis, il faut l'avouer, un gros travail a été effectuée en piscine pour éviter de revivre ces désagréables aventures. Et mes deux expériences en triathlon distance Ironman se sont révélées "honnêtes", avec des temps de 1h11 et 1h15 pour les 3,8 km règlementaires. Encore très moyen, je l'avoue, mais sans comparaison avec mes débuts dans l'élément liquide;
Mais lors de ces 2 triathlons, la natation s'est déroulée dans un lac et dans un canal ...alors s'attaquer à ces 5 bornes en pleine mer et qui séparent le Chateau d'If et la plage du Prado à Marseille, c'est une autre paire de manches ! La distance, la température, les vagues, ... sans parler de l'éventuelle paur-panique qui peut s'emparer du nageur en plein milieu de la mer... le défi est de taille.
Vais-je imiter avec succès Edmond Dantès et réussir mon évasion demain dimanche sur le coup de 10h du mat' ? (Ce n'est pas pour rien que cet évènement s'appelle le défi de Montécristo !) Rien n'est moins sûr. Ce 5ème travail devrait être le plus court (moins de 2 heures ?) mais certainement pas celui qui m'inquiète le moins !
Heureusement que la météo sera bonne et la mer pas trop agitée (quoique le vent ...) Le petit "galop d'essai" de cet après-midi fut plutôt rassurant un petit kilomètre nagé sans combinaison) mais je suis resté prêt de la côte ...
Vivement demain que ce "truc" soit derrière moi ...
Polo
IV/XII

mercredi 16 juin 2010

Super stage dans les Alpes ... avec petite déception finale




Mea maxima culpa … c’est vrai, ce blog n’a plus été mis à jour ces dernières semaines et c’est tout à fait inexcusable. (C’est que j’ai encore une vie professionnelle et un semblant de vie sociale, quand même !)



Mais n’en déduisez pas hâtivement que le travail de préparation s’est lui aussi interrompu ! A peine de retour de Steenwerck et de ses 100 kilomètres, j’ai enfourché de plus en plus régulièrement mon fidèle destrier (n’y voyez pas d’allusions scabreuses, comprenez simplement par là ce cher vieux Cannondale, bécane acquise au siècle passé et qui –mieux que moi ? – supporte pas mal son grand âge !) Le retard en « kilomètres » à vélo ne s’est d’ailleurs pas trop fait sentir, à croire que les centaines d’heures passées en course à pied ont pu être « transférées » sur cet engin, et ça c’est plutôt une bonne nouvelle.

La multiplication à des efforts à vélo c’est d’une part un soulagement pour les genoux et le dos(adieu les chocs !) mais c’est par contre une très mauvaise nouvelle pour mes fesses… En effet, la selle italienne très design et très légère offre malheureusement un confort plus que spartiate ! Mais bon, à la longue on s’y habitue. (Et vu sous un autre angle : quel bonheur à la descente du vélo !)


Premier test de référence à vélo la semaine suivant les 100 bornes à pied : « Tilff – Bastogne – Tilff » (comprenez Liège – Bastogne - Liège pour cyclosportifs) Quelques côtes célèbres au programme, comme la côte de Wanne, le Rosier ou la redoutable Redoute ! Et premier examen réussi, les côtes furent gérées très convenablement malgré un entraînement spécifique quasi inexistant.

Faire et refaire toutes les côtes possibles et imaginables de notre pauv’pays c’est bien, mais c’est très loin de ce qui m’attend dans les Alpes ! (pour rappel : la Marmotte début juillet, la montée de l’Alpe le lendemain, la triple ascension du Ventoux, la partie vélo « infernale » du triathlon d’Embrun …) Donc il était bien temps de passer aux choses sérieuses et d’aller taquiner du col là où en trouve des vrais !


Direction les Alpes mercredi passé (9 juin), avec une triple tâche à y accomplir : quelques cols alpestres à vélo comme expliqué plus haut, repérage (et entraînement spécifique !) pour le trail du Mont Blanc programmé fin aout (UTMB – TDS) … et réalisation ma 5ème mission officielle : gravir le Mont Blanc jusqu’à son sommet !


Une fois encore, ce sont James et Paul (Le Zoulou et Papy, pour ceux qui suivent !) qui furent de la partie. Le deal : Un jour sur deux je les accompagne dans la reconnaissance du parcours de trail, un jour sur deux je pédale en solitaire (the story of my life) sur les pentes escarpées … et enfin les 2 derniers jours sont consacrés à l’ascension au sommet !


Le bilan des entraînements est très globalement positif : 2 très beaux et très exigeants parcours de trail, avec des dénivelés importants, mais malheureusement encore pas mal de neige « en haut » et donc des morceaux du parcours officiel de la course toujours inaccessibles ; Concernant le vélo, quelques cols « relativement gentils » (Cormet de Roselend, Col des Saisies) qui m’ont rassuré pour la suite … faudra juste une « préparation finale » fin juin / début juillet pour aborder les épreuves cyclistes en toute sérénité.

Quel bonheur le sport en montagne ! Le décor somptueux, une atmosphère si particulière, une lumière unique, … mais aussi des difficultés spécifiques, les pentes abruptes (à pied ou à vélo), la chaleur puis le froid, le vent, la raréfaction de l’oxygène … Bref, presque que du plaisir malgré une météo pas folichonne.


Malheureusement, le séjour qui devait se terminer en apothéose n’a finalement pas pu tenir toutes ses promesses. En effet, la neige en quantité importante pour la saison et la météo capricieuse ont eu raison de notre grimpette finale ! Pas de sommet du Mont Blanc cette fois-ci …

Quelle déception.


La décision prise avec le guide ne souffre pourtant d’aucune discussion, c’était vraiment ce qu’il fallait faire. Reporter. N’empêche, c’est le premier petit « couac » de mon programme 2010 … et il faut constater qu’il est entièrement indépendant de ma volonté, de ma capacité physique ou de mon organisation.

Mais attention, ce n’est pas parce que la belle dame s’est refusé à moi une première fois que je compte me laisse faire si facilement ! (pas mon genre, ça ;-)) Il va par contre falloir « recaser » cette expé quelque part d’ici à octobre … en sachant que ce genre de conditions peut malheureusement se répéter…


Toutes vos bonnes idées sur le sujet sont d’ailleurs les bienvenues !

Pas grave, faut surtout penser à nager maintenant. Dans moins de 2 semaines je me retrouverai en plein milieu de la méditerranée (ou presque ;-)) et il s’agira de rejoindre la plage sans encombres ! Et si vous connaissez mes, heu…, qualités dans le milieu aquatique, vous sauriez déjà que ce n’est vraiment pas gagné !


Polo et le syndrome de la flotte, si ça c’est un beau titre de mélodrame … à suivre et à lire ici très bientôt !

Polo
IV/XII

vendredi 14 mai 2010

Me voilà officiellement "centbornard" !



Je me doutais que cette course de 100km à pied serait un cap difficile à passer, le moins que l’on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçu !

Arrivé à Steenwerck quelques heures avant la course, la première constatation est qu’il fait froid ! Et si la température est déjà basse à 4h de l’après-midi, qu’en sera-t-il à 4h du matin ! Brrrrr. Le choix de la tenue vestimentaire de départ n’est donc pas chose aisée. J’opte néanmoins provisoirement pour une tenue « relativement légère »: short collant et bas « boosters » jusqu’en dessous des genoux pour le bas, 1 seule couche mais en textile « hiver » et longues manches pour le « haut ». Mais je prépare déjà les couches à rajouter lorsque la nuit sera tombée, sans perdre de vue les possibilités de pluie…

Le départ est donné à 19h00. Une première boucle unique de 5km est effectuée dans le village, avant d’aborder les 5 boucles de 19km. Je pars prudemment et les sensations sont « moyennes » : j’ai beaucoup mangé depuis le matin et la digestion n’est pas encore terminée. Mais ce ne sera l’affaire que de quelques kilomètres.
Je décide de me brancher sur la planète Ipod et je cherche ma « première » vitesse de croisière, à classer de préférence dans la catégorie « très facile ». Cela a l’air de marcher : Je parcours 10km700 la première heure puis 10km600 la 2ème. Comme espéré. Plus vite serait trop risqué, et je suis convaincu que ralentir ne me fatiguerait pas moins. La 3ème heure est encore au dessus des 10km/h, mais je commence doucement à avoir froid. Le soleil se couche vers 22h, la température chute, pas de doute, la nuit sera longue !

Le parcours de ce « 100 bornes »est ce que l’on pourrait appeler « champêtre ». Car mis à part quelques hectomètres dans le village et le long d’une nationale, la grande majorité du parcours se compose de petites routes asphaltées au milieu des champs, style chemins de remembrement. Aucun éclairage, pas beaucoup de repères … si ce n’est quelques odeurs très « couleur locale » ! C’est sûr, ce décor me change de mes précédentes épreuves à Barcelone, dans le Sahara ou dans les Ardennes … mais bon, c’est plat, et c’est déjà ça.

Me voilà doucement vers la fin de mon 2ème grand tour, j’approche des 40km au compteur et je commence à trouver le temps bien long … Et dire que cette course n’a pas encore vraiment commencé. Il fait noir et je n’ai pas pensé à mettre ma lampe frontale 2 heures plus tôt au premier passage près de mon sac. Difficile de repérer le sol et ses pièges … Heureusement un phare de vélo vient à ma rencontre ! Je reconnais assez facilement la silhouette sportive du Prez … et ça fait plaisir ! Après environ 4h d’effort, sa compagnie tombe vraiment à pic. Je ne le sais pas encore, mais je ne ferai plus le moindre mètre sans ange gardien jusqu’à la fin de la course!

La fin du 2ème grand tour (sur 5) se situe au 43ème km. Je jette un regard sur ma montre pour apercevoir mon temps de passage au marathon : moins de 4h08. Très honnête, mais je sais bien que le rythme va fléchir, c’est inévitable. Une deuxième excellente nouvelle m’attend au ravito : la présence de Kiki, Bernadette, Papy et le Zoulou ! Sur leurs conseils avisés, je prends sagement le temps de m’arrêter pour me changer : je couvre totalement les jambes, je retire le shirt déjà bien humide et j’enfile 2 couches, 1 T-shirt technique et un top longues manches.

Il doit être 23h30, Papy et le Zoulou sont en tenue pour m’escorter, lampes frontales vissées sur le front : Les body guards sont prêts, il ne faut s’y pas traîner à s’y remettre ! Je ne le sais pas encore à ce moment-là, mais ce 3ème tour va être de loin le plus difficile.

Je ne peux même pas encore songer à décompter les km avant l’arrivée (et pour cause, il en reste encore 57 !) mais mon organisme décide de faire clignoter simultanément tous les voyants d’alarme. Description non exhaustive: Les muscles des cuisses se durcissent genre béton armé, les pieds chauffent, les genoux craquent, le dos déguste, la tête est vaseuse … pire encore, l’estomac menace de se retourner à chaque mini quart de micro demi bouchée que je lui impose … C’est clair, sans James et Paul qui sont venus spécialement pour m’épauler, je me mettrais à marcher. Grace à eux, j’essaye de ne pas trop me plaindre et je continue. Le rythme chute, je m’en rends bien compte, mais je parviens à garder le cap et à trottiner. C’est très simple : Le Zoulou ouvre la route, tandis Papy balaie la trajectoire de son faisceau lumineux pour que je puisse choisir où poser les pieds … du grand luxe, quoi !

Les ravitos sont nombreux sur le parcours et me permettent aussi de trouver le « rythme » d’alimentation. Je m’y arrête à chaque fois, mais je ne m’accorde que quelques secondes pour attraper un gobelet et un petit quelque chose à manger. Je marche pour boire et manger (quelques secondes seulement), et moins de 100m après, je remets tant bien que mal la petite foulée en route (C’est le moment le plus pénible !). Cette tactique a tenu jusqu’au bout.

Le temps passe lentement, mais nous voilà proche du 60ème kilomètre … Il doit être pas loin de 2h du mat’ et là il fait vraiment froid. Je vois arriver la fin du 3ème tour avec une certaine inquiétude : vais-je continuer une fois que mes anges gardiens auront accompli leur tâche ? J’ai toujours pensé que l’avant dernier tour semblerait le plus long …

62km accomplis, rentrée aux « stands ». Il reste 2 tours et je décide de m’habiller encore plus chaudement. Grâce à l’aide de toute l’équipe, je change une fois encore les vêtements mouillés, et je rajoute en plus une couche imperméable. J’enfile les gants et la lampe frontale.

Petit miracle inattendu : le Zoulou rempile pour 19km supplémentaire ! Cette excellente nouvelle me soulage et me détend. Je ne sais même plus si je remercie suffisamment Papy et Bernadette pour leur soutien... Faudra pas oublier de le faire après ! Ce 4ème tour sera le plus lent, c’est vrai, mais sa gestion sera vraiment quasi parfaite. James épouse ma foulée de crapaud (lui qui n’aime pas courir lentement, je n’ose imaginer l’effort qu’il doit faire !) et les kilomètres s’égrènent. Même si l’info n’est qu’anecdotique, je constate que ma technique non brevetée du « ravito express » porte ses fruits : plusieurs concurrents me dépassent régulièrement, à des vitesses bien plus rapides que la mienne, mais je les retrouve un peu plus loin, soit scotchés sur une chaise aux ravitaillements, soit en train de marcher pour récupérer … Courage, continuer, il faut continuer !

Je pense tout d’abord avoir des hallucinations, mais James me le confirme : il neige ! D’accord, ce ne sont que quelques grains bien modestes, mais vues les circonstances ils ne sont pas vraiment les bienvenus … Bah, ce contretemps me fait oublier que j’ai mal partout, et ce n’est peut-être pas plus mal. Car cette fois-ci, je ne peux pas m’empêcher d’enfin commencer à décompter ce qu’il reste à parcourir. 70km accompli, il en reste moins de 30 ! C'est-à-dire un nombre commençant par 2 … c’est puéril, je vous l’accorde, mais une distance « dans la vingtaine » devient « raisonnable », et cela permet doucement d’entrevoir, même de très loin encore, la fin de ce calvaire …

80km, on se rapproche de la fin de cet avant-dernier tour tant redouté. J’en profite pour établir une rapide check list des messages en provenance du corps et de la tête : C’est très simple, « tout va très mal, mais finalement ce n’est pas pire que tout à l’heure ! ». Si j’avais la force je sourirais, mais ce serait du gaspillage ;-)

81km. Dernier passage par les stands. Après 38km et … quelques longues heures de course, le Zoulou achève sa mission. Thanks ! Il est 4h30 du matin ! Je crois me souvenir de lui avoir demandé d’être prudent en rentrant en voiture … je m’assieds et dépose mes pieds en position surélevée pour 180 secondes (et pas une de plus !)

En m’inscrivant à cette course au pays des Chtis, j’espérais une grosse ambiance tout au long de la nuit, avec musique, gros éclats de voix et bière qui coule à flot … Hem, on est loin du compte : l’ambiance est inexistante. On a déjà vu des enterrements plus amusants. Et pourtant Kiki et le Prez sont toujours là ! Après un petit BBQ (moins festif que prévu …) et sans doute après un petit dodo dans la voiture, ils m’attendent pour m’accompagner sur ce dernier tour ! Génial !

J’attaque donc les 19 derniers kilomètres. Alain m’accompagne sur le vélo, Kiki viendra à contresens pour courir les derniers kilomètres … quelle Dream Team ! Et contre toute attente… la petite foulée de crapaud tient toujours le coup !… il me semble avoir quelques absences (je n’ai plus l’esprit très clair) mais j’essaye d’entretenir une conversation avec le Prez. Vivement dimanche qu’on aille admirer son rejeton Christophe au triathlon de Seneffe ! Ca au moins c’est un vrai athlète … et heureusement qu’il n’est pas là pour se moquer de ma foulée de batracien ;-) … chaque seconde passée à penser à autre chose qu’à cette damnée course est une seconde de gagnée. Le reste du temps, j’ai l’honneur de faire la connaissance de douleurs jusqu’ici inconnues. « Enchanté ! Moi, c’est Polo, à qui ai-je l’honneur ? « … « Bonjour ! Je suis une petite irritation du tendon d’Achille et je viens te pourrir la vie jusqu’à l’arrivée ! … »

Le soleil se lève … enfin, le soleil c’est une façon de parler : Il commence à pleuvoir et ce qui nous tombe dessus est vraiment glacial ! Cette mauvaise nouvelle me réveille et éloigne mon esprit de tous mes petits bobos … c’es déjà ça de gagné. Je plains Alain qui doit se les geler à rouler à une vitesse si lente dans ces conditions!

90km. Ca se rapproche ! Moins de 10km à parcourir et je commence me faire une idée du temps final, qui ne sera finalement pas loin de celui prévu. Mais qui est ce type idiot qui court à contresens là-bas ? C’est Kiki ! Il vient me tirer pour les derniers kilomètres. Je me cale avec bonheur dans sa foulée et je décompte hectomètre par hectomètre … Alain fait quelques photos, et j’ai (presque) le sourire. Il reste moins de 3 km, cette fois il ne peut plus rien m’arriver. Au loin, je vois 2 ou 3 concurrents qui en terminent aussi. Petite montée de testostérone : et si on gagnait quelques places ? Stupide je vous l’accorde, mais tellement agréable ;-) Petit signe à Kiki et j’accélère progressivement. Gonflé à bloc par l’arrivée très proche, je me surprends à courir de plus en plus vite … j’avale au moins 3 coureurs avant de sprinter dans les 250 derniers mètres !

Une évidence me vient à l’esprit pendant ces derniers mètres, et ce malgré la fatigue et ma stupide petite accélération : Sans cette équipe de choc, c’est certainement une aventure très différente et bien plus pénible que j’aurais vécue. Je leur suis particulièrement reconnaissant !… Merci Bernadette, Alain, Christophe, James et Paul !

Je franchis la ligne d’arrivée en 12h16’33 … j’écrase (très discrètement !) une petite larme :
Ca, c’est fait ...!

Polo
IV/XII